La fiabilité des comptes publics, l’éthique professionnelle, la lutte contre la criminalité financière et l’adaptation aux mutations technologiques ont dominé les travaux du 8ᵉ Congrès des Experts-Comptables de l’UEMOA, tenus du 21 au 22 octobre 2026 au Palais des Congrès de Cotonou. Réunissant plus de 350 participants venus de 15 pays, cette rencontre organisée par l’OECCA-Bénin s’est achevée sur une Déclaration de Cotonou assortie de recommandations destinées à renforcer la gouvernance financière dans l’espace communautaire.
Sylvestre TCHOMAKOU
Face aux besoins de financement du développement et aux exigences de transparence dans la gestion publique, les experts-comptables de l’UEMOA entendent renforcer leur contribution à la maîtrise des ressources des États. Les travaux du congrès de Cotonou, tenus du 21 au 22 octobre 2026 ont notamment mis le focus sur la complémentarité entre les professionnels du chiffre et les juridictions financières. Au terme de ce rendez-vous qui a mobilisé plusieurs pays, les participants ont préconisé le traitement des arriérés comptables, le développement de la comptabilité patrimoniale en droits constatés, une meilleure gestion du portefeuille public et le renforcement du contrôle interne. Parmi les propositions figure également l’instauration, dès 2027, d’un dialogue technique annuel entre la Cour des comptes de l’UEMOA, les ordres nationaux et les juridictions financières régionales.
L’évolution des outils numériques a constitué un autre axe des échanges. Intelligence artificielle, automatisation, blockchain et cybersécurité transforment les méthodes de production et de vérification de l’information financière. Les congressistes ont toutefois souligné que ces technologies ne sauraient se substituer au jugement professionnel, à l’esprit critique et à la responsabilité des experts-comptables.
Les discussions ont également porté sur la lutte contre les flux financiers illicites et la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Pour renforcer les compétences des professionnels, la feuille de route préconise notamment un socle commun de 40 heures de formation continue obligatoire consacré à l’éthique, à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, à l’ESG et à l’intelligence artificielle. La mise à disposition d’outils de prévention de la fraude et la généralisation du contrôle qualité des cabinets figurent aussi parmi les recommandations.
Une feuille de route pour la co-construction
Au terme des travaux, la Déclaration de Cotonou formule des attentes à l’endroit des États et des institutions communautaires. Les participants préconisent la consultation du Conseil Permanent de la Profession Comptable avant l’adoption de textes financiers ou fiscaux, ainsi que la certification des comptes des établissements publics par des experts-comptables inscrits.
Le suivi de ces engagements devrait s’appuyer sur des indicateurs portant notamment sur le taux de certification des entités publiques, le nombre d’experts qualifiés en ESG et la qualité des déclarations de soupçon transmises aux CENTIF. A noter que cette édition a coïncidé avec les 20 ans de l’OECCA-Bénin.


