Annoncé depuis quelques semaines, le 8ᵉ Congrès des Experts-Comptables de l’UEMOA s’est ouvert mercredi 21 octobre 2026 au Palais des Congrès de Cotonou. Organisée par l’Ordre des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Bénin (OECCA-Bénin), cette rencontre réunie plus de 300 professionnels venus de 15 pays, autour de la transparence, de la gouvernance et de la souveraineté financière dans l’espace communautaire.
En Afrique de l’ouest, face aux besoins croissants de financement du développement et la nécessité pour les États de mieux mobiliser leurs ressources propres, la qualité de l’information financière se trouve être un facteur clé de gouvernance publique. C’est autour de cet enjeu que s’est ouvert mercredi 21 octobre 2026, le 8ème Congrès des Experts-Comptables de l’UEMOA. Placées sous le thème : « L’Expert-Comptable, garant de la transparence et de la souveraineté financière dans l’espace UEMOA », ces assises se veulent d’offrir un cadre de réflexion et de concertation sur la place de l’expertise comptable dans la consolidation des mécanismes de gouvernance et le renforcement de l’intégration économique régionale. Mieux, avec plus de plus de 350 participants venus de 15 pays, le Congrès de Cotonou entend nourrir les échanges sur les évolutions de la profession comptable et sa contribution à la transparence financière. Les discussions portent notamment sur les défis liés à la mobilisation des ressources, à la gestion des finances publiques et à la gouvernance dans l’espace UEMOA.
À travers les échanges d’expériences et le partage d’expertise, le congrès il s’agit pour les professionnels du chiffre d’encourager une coopération renforcée entre les ordres professionnels nationaux et les institutions régionales. La formation continue, le réseautage et l’adaptation des pratiques aux mutations du secteur figurent également parmi les objectifs de cette rencontre. L’ouverture aux acteurs de l’espace OHADA élargit les perspectives de discussion sur les normes et les pratiques comptables.
Des engagements concrets attendus des professionnels
Pour l’OECCA-Bénin, la rencontre doit également favoriser le partage d’expériences, la coopération entre les ordres nationaux, la formation continue et l’adaptation de la profession aux mutations technologiques et aux exigences de durabilité. Face à l’essor de l’intelligence artificielle et aux risques liés aux flux financiers illicites, le président de l’Ordre a réaffirmé la place de la responsabilité humaine dans la certification des comptes. « Confiance et souveraineté sont, en réalité, les deux faces d’une même exigence. Des comptes fiables attirent l’investissement, facilitent la mobilisation de l’épargne, améliorent les conditions de financement et renforcent notre capacité à décider par nous-mêmes. À l’inverse, là où la confiance fait défaut, d’autres finissent par évaluer, noter et décider à notre place. La confiance est donc un levier de souveraineté. Chaque compte fiable que nous attestons, chaque norme appliquée avec rigueur, chaque fraude que nous aidons à prévenir est une pierre posée sur l’édifice de notre souveraineté financière. », a soutenu le président de l’OECCA-Bénin, Serge Mensah.
La contribution de l’expertise comptable dans la transformation du Bénin
À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, a insisté sur le rôle de l’information financière dans la conduite de l’action publique. Pour le gouvernement béninois, l’expertise comptable contribue à éclairer les décisions publiques, à améliorer la gestion des entreprises d’État et à renforcer la confiance des investisseurs. Illustrant cette contribution, le ministre a indiqué qu’à fin décembre 2025, les sociétés et offices publics du Bénin affichaient un excédent global de 292 milliards de francs CFA. Il a souligné que l’amélioration de leur situation financière permet de dégager davantage de ressources au profit de secteurs comme l’eau, l’éducation et la santé.
Au-delà de ces résultats, les attentes portent sur une mobilisation accrue de l’épargne intérieure, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’attraction des investisseurs sur les marchés financiers régionaux. « Mobiliser l’épargne intérieure, élargir l’assiette fiscale, attirer les investisseurs sur nos marchés financiers : rien de tout cela n’est possible sans des comptes fiables », a rappelé Aristide Medenou, appelant les professionnels à préserver leur rigueur, leur indépendance et leur éthique. Dans son intervention, le Président du FAPA, n’a pas manqué d’insister sur la nécessité pour les professionnels du chiffre de « développer les compétences et mettre en place les institutions nécessaires pour mettre en œuvre les normes internationales de manière efficace, proportionnée et adaptée à notre contexte africain. ».
A noter que cette édition coïncide avec les 20 ans de l’OECCA-Bénin. Au terme des travaux, les participants sont attendus sur des recommandations concrètes susceptibles de renforcer la coopération régionale et la transparence financière.
Par Sylvestre TCHOMAKOU


