Réunis du 28 au 30 octobre 2026 à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCI Bénin), les acteurs de l’écosystème entrepreneurial prennent part à la deuxième édition de la Semaine régionale de la reprise d’entreprise (SERERE). Organisée par le cabinet Global Service Progress Succès (GSPS), cette entend promouvoir la transmission des entreprises comme un moyen de préserver les emplois, de pérenniser les activités économiques et de renforcer la croissance dans la sous-région.
Le Bénin poursuit sa dynamique de création d’entreprises. Selon le rapport annuel de l’Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx), publié en mai 2026, 55 345 entreprises ont été créées en 2025, soit une progression de 11,3 % par rapport à l’année précédente. Si cette évolution témoigne du dynamisme entrepreneurial, elle soulève également la question de la pérennité des structures créées et de leur capacité à poursuivre leurs activités au-delà de leur fondateur. C’est tout l’enjeu de la reprise d’entreprise, au cœur des échanges de cette deuxième édition de la SERERE.
Partenaire de cette édition, la CCI Bénin, représenté par le responsable des opérations Camarou Bello, a rappelé les conséquences de la disparition d’une entreprise qui dépassent d’ailleurs le cadre de la structure elle-même. « Une entreprise qui disparaît, ce sont des emplois qui disparaissent. […] C’est également un écosystème qui se fragilise », a-t-il souligné. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’intégrer la transmission et la cession dans le cycle de vie des entreprises, afin d’assurer la continuité des activités et de préserver la dynamique économique.
Cette approche rejoint également les préoccupations de la directrice générale de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), Alvyne Alia. Pour elle, la création ne saurait constituer le seul indicateur de vitalité du tissu entrepreneurial. « Une économie forte ne se mesure pas seulement aux entreprises qui se créent, mais à celles qui persistent et résistent dans le temps », a-t-elle affirmé. Elle a également souligné l’importance de la collaboration entre les acteurs publics et privés pour faciliter les opérations de reprise. Le guide de la reprise d’entreprise, la plateforme REpreneuriat Bénin et la Bourse régionale de la reprise figurent parmi les outils destinés à accompagner cette dynamique selon elle.
La transmissibilité, une condition essentielle à la reprise
La conférence inaugurale, animée par Christian Jekinnou, président du réseau Afric’Innov, a permis d’approfondir les conditions nécessaires à la réussite d’une transmission. Placée sous le thème « La reprise d’entreprise : nouvel accélérateur de croissance économique dans la sous-région », elle a mis l’accent sur la préparation des entreprises à leur transmission, notamment par la mise en place d’une organisation capable de fonctionner indépendamment de son fondateur.
Le conférencier a rappelé que les difficultés liées à la reprise ne se limitent pas à la recherche de financements. La fiabilité des informations comptables, la transparence de la propriété, la formalisation de la gestion et le transfert progressif des compétences constituent également des conditions déterminantes. Une entreprise doit pouvoir poursuivre ses activités, conserver ses clients et maintenir ses relations avec ses fournisseurs, même lorsque son dirigeant initial se retire.
Dans cette perspective, Christian Jekinnou a invité les entrepreneurs à anticiper la succession en séparant leurs finances personnelles de celles de leurs entreprises, en formalisant les informations essentielles à leur fonctionnement et en préparant progressivement le passage de relais. Il a également souligné l’importance, pour les repreneurs et les financeurs, d’évaluer non seulement le prix d’acquisition, mais aussi les besoins nécessaires à la continuité et au développement de l’activité après la reprise.
Pendant ces trois jours, la deuxième édition de la SERERE remet ainsi au centre des débats la nécessité d’anticiper la transmission des entreprises. Un enjeu majeur pour assurer la pérennité des activités, préserver les emplois et consolider le tissu économique béninois et régional.
Par Bernisse Adankon.


