Au Bénin, la valorisation locale des matières premières progresse, notamment dans l’industrie textile. Implantée au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), Benin Textile Corporation (BTC) développe un complexe intégré capable de transformer le coton béninois en vêtements destinés aux marchés internationaux, avec une capacité annoncée de 24 millions de pièces par an.
Autrefois grand exportateur de coton brut, le Bénin rivalise d’engagement pour capter une part plus importante de la valeur générée par cette filière. Cette orientation se traduit par le développement d’unités industrielles intégrées au sein de la GDIZ, où Benin Textile Corporation poursuit son développement avec un regard rivé sur l’international. L’entreprise mise sur une transformation complète de la fibre, depuis la filature jusqu’à la confection, afin d’alimenter les marchés internationaux en produits finis. Installée sur un site de 11,4 hectares, BTC s’appuie sur un modèle industriel qui rassemble l’ensemble des maillons de la chaîne textile. Le coton utilisé, selon la SIPI-Bénin, est certifié Cotton made in Africa (CmiA), cultivé sans organismes génétiquement modifiés et principalement alimenté par les eaux de pluie. Selon l’entreprise, cette organisation permet de garantir « une qualité constante » tout en optimisant les délais de fabrication.
Le complexe industriel prend en charge l’ensemble des opérations de transformation. L’approvisionnement en coton, la filature, le tricotage, la teinture, l’impression, la broderie, le contrôle qualité, la confection, le conditionnement et la logistique sont réalisés sur un même site. Cette intégration repose sur un parc industriel composé de 32 832 broches dédiées à la filature, de 83 machines destinées au tricotage et à la fabrication des cols, de 14 équipements de teinture et de 11 unités de finition. L’usine affiche également une capacité annuelle de 9 000 tonnes de tissu maille. Grâce à cette organisation, Benin Textile Corporation produit aussi bien des fils que des tissus et des vêtements, tout en assurant une meilleure traçabilité des matières premières. L’entreprise affirme vouloir fabriquer « des vêtements éthiques et de haute qualité » conformes aux exigences des donneurs d’ordre internationaux.
Une offre destinée à plusieurs segments
Les capacités de production couvrent un large éventail de produits textiles. L’usine fabrique notamment des T-shirts, des polos, des sweats à capuche, des pantalons de jogging, des robes décontractées, des vêtements de nuit, des articles de sport, des leggings, des hauts techniques ainsi que des boxers et des pyjamas. BTC réalise également des uniformes destinés aux administrations publiques, aux entreprises, aux forces armées et aux organisations sportives, diversifiant ainsi ses débouchés commerciaux.
Consolider la valeur ajoutée du coton béninois
L’installation de cette unité industrielle s’inscrit dans la stratégie portée par la GDIZ ; laquelle vise à développer la transformation locale des matières premières avant leur exportation. Premier producteur africain de coton au cours de plusieurs campagnes agricoles récentes, le Bénin cherche à bâtir une industrie textile capable de convertir une part croissante de sa production en produits manufacturés. Cette orientation répond à une volonté d’accroître la valeur ajoutée créée au plan national, de soutenir les exportations industrielles et de favoriser la création d’emplois.
Par S.T.

