La campagne agricole 2025-2026 s’annonce favorable dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon la Note de conjoncture économique régionale publiée par la Commission de l’Union, la production agricole devrait dépasser 76 millions de tonnes, en progression de 6,6 % par rapport à la campagne précédente. Cette dynamique est soutenue aussi bien par les cultures vivrières que par les productions destinées à l’exportation, avec des performances contrastées selon les États membres.
Dans un contexte où la sécurité alimentaire et les performances agricoles demeurent au cœur des politiques économiques, les résultats de la campagne 2025-2026 traduisent une évolution favorable pour l’agriculture de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Les nouvelles estimations publiées par la Commission de l’Union mettent en évidence une progression de la production régionale, portée par le dynamisme des cultures vivrières et des filières d’exportation. Présentée dans la 71ᵉ édition de la Note de conjoncture économique régionale (NCR), cette analyse s’inscrit dans le suivi régulier de l’évolution économique des États membres.
Le document, élaboré par le Département des Politiques économiques et de la Fiscalité intérieure (DPE), examine la situation économique et financière de l’Union au premier trimestre 2026, ainsi que les perspectives d’inflation et les principaux faits marquants. Au Bénin, les prévisions pour la campagne 2025-2026 annoncent une production vivrière de 13,4 millions de tonnes, soutenue notamment par les fortes progressions du mil (+88,1 %) et du maïs (+16,4 %).
Les cultures d’exportation devraient atteindre 2,8 millions de tonnes, en hausse de 6,2 %, malgré une baisse de 3,7 % de la production cotonnière. Le rapport rappelle que le Bénin demeure, depuis plusieurs années, le premier producteur de coton de l’Union, avec des rendements supérieurs à 1,19 tonne par hectare.
L’autre fait marquant concerne la filière palmier à huile. La production dépasse désormais 1,029 million de tonnes, soit une progression de 11,9 %, grâce à des rendements estimés à 7,7 tonnes par hectare. Les productions horticoles, notamment l’orange, l’ananas et la mangue, affichent également une évolution favorable.
Des performances contrastées dans les autres États membres
En Côte d’Ivoire, les cultures d’exportation progressent de 6,3 %, principalement grâce à l’essor spectaculaire de l’anacarde (+64 %), qui compense le recul du cacao (-2,7 %) et la baisse persistante de la production de café (-62,2 %). La production vivrière augmente également de 5,1 %. Le Burkina Faso enregistre l’une des plus fortes progressions de la campagne, avec une hausse globale de 16,5 % de la production vivrière. Cette évolution repose sur la progression des céréales (+19,8 %) et du coton (+15 %).
En Guinée-Bissau, la campagne est marquée par une progression de 25,7 % des cultures d’exportation, portée principalement par l’anacarde. Au Mali, la production agricole augmente de 4 %, grâce notamment au maïs (+20,6 %) et au fonio (+6,4 %), malgré des replis observés sur le mil et le riz.
Le Niger retrouve une dynamique positive avec une croissance agricole de 9,2 %, après la baisse enregistrée la campagne précédente. Le riz, l’arachide, la pastèque, le mil et le niébé figurent parmi les principales productions en progression.
Au Sénégal, la campagne 2025-2026 affiche une hausse globale de 11,3 %. Les cultures d’exportation progressent de 25,8 %, soutenues notamment par le coton, l’arachide et la pastèque. La production de riz s’approche du million de tonnes tandis que le maïs et le mil enregistrent également des hausses significatives.
Une conjoncture économique qui demeure favorable
Au-delà de l’agriculture, la Commission de l’UEMOA présente également les perspectives économiques régionales. En Afrique subsaharienne, la croissance devrait s’établir à 4,3 % en 2026, avant de remonter légèrement à 4,4 % en 2027, après 4,5 % en 2025. Les projections restent toutefois différenciées selon les pays.
Le Nigeria bénéficierait d’une meilleure stabilité macroéconomique, tandis que l’Afrique du Sud subirait davantage les effets du conflit au Moyen-Orient avant un rebond attendu en 2027. Dans le reste de la région, la croissance évoluerait autour de 5,2% sur les deux prochaines années. À travers cette nouvelle Note de conjoncture économique régionale, la Commission de l’UEMOA met en évidence la bonne tenue du secteur agricole, qui demeure l’un des principaux moteurs des économies de l’Union.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

