Ouverts le 6 juillet 2026 à Cotonou, les États généraux de « Assurance pour Tous » réunissent, jusqu’au 8 juillet, les principaux acteurs africains du secteur avec pour objectif de faire de l’assurance un outil plus accessible au service des populations. Les travaux, initiés par la FANAF, devraient aboutir à l’adoption d’un Pacte panafricain pour l’inclusion assurantielle, accompagné d’un plan d’action couvrant la période 2026-2030.
À mesure que les économies africaines se développent, la question de la protection des populations face aux risques sociaux, sanitaires, climatiques ou économiques s’impose davantage. C’est dans ce contexte que Cotonou accueille, depuis le 6 juillet, les États généraux de « Assurance pour Tous », une rencontre continentale consacrée à l’avenir de l’assurance inclusive en Afrique. Organisée par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF), cette 7e édition réunit des représentants des pouvoirs publics, des autorités de régulation, des compagnies d’assurance et de réassurance, des banques de développement, des institutions financières ainsi que des partenaires techniques et organisations professionnelles. Pendant trois jours, les participants examineront les pistes susceptibles d’accroître l’accès aux produits d’assurance et de rapprocher davantage les offres des réalités vécues par les populations africaines. L’un des principaux résultats attendus des assises est l’adoption du premier Pacte panafricain pour l’inclusion assurantielle. Ce document vise à rassembler les États, les régulateurs, les entreprises et les partenaires au développement autour d’engagements communs destinés à promouvoir une assurance plus accessible sur le continent. Il sera complété par un plan d’action stratégique couvrant la période 2026-2030, avec des priorités d’intervention, des mécanismes de coordination et un dispositif de suivi.
Le président de l’Association des Sociétés d’Assurances du Bénin (ASA Bénin), Hervé Tchiakpè n’a pas manqué d’insister sur la portée de cette initiative. « La finalité de ces assises est de sceller ensemble ce pacte panafricain que nous souhaitons pouvoir engager, dans lequel nous souhaitons pouvoir engager nos états, nos régulateurs, nos entreprises et nos partenaires, sur une trajectoire commune », a-t-il fait savoir.
Une assurance plus proche des réalités africaines

Pour la FANAF, l’avenir du secteur passe par des produits plus simples, plus accessibles et mieux adaptés aux besoins des populations, notamment dans les domaines agricole, climatique, sanitaire et des petites entreprises. Président de la FANAF, Mamadou Koné a déclaré : « Une assurance qui ne nous protège pas ceux qui sont déjà à l’abri, qui ne nous protège que ceux qui sont déjà à l’abri, n’a pas rempli sa mission. La véritable mesure de notre réussite, ce ne sont pas, je dirais, nos prix, nos résultats, c’est le nombre de familles africaines que nous empêchons de sombrer lorsque le malheur arrive. Et soyons lucides, il y a là aussi le plus grand gestionnaire de croissance de notre industrie >>.
Le Bénin plaide pour une assurance plus inclusive

Prenant part à l’ouverture des travaux, le ministre délégué chargé des finances et de la Microfinance auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Nicolas Yènoussi, a mis en évidence les perspectives qu’offre encore le secteur sur le continent. « L’assurance inclusive apparaît comme l’une des réponses les plus pertinentes pour renforcer la résilience de nos économies et favoriser une croissance plus durable et plus équitable. Le thème retenu pour ces États généraux : « Adopter le pacte panafricain de l’assurance inclusive », revêt à cet égard une importance toute particulière. Il nous invite à dépasser les approches traditionnelles afin de construire une vision commune de l’assurance africaine fondée sur l’innovation, l’accessibilité, la proximité et la confiance.

Cette ambition est parfaitement en phase avec les orientations stratégiques du gouvernement béninois qui a fait de l’inclusion financière et de la protection des populations une priorité majeure de son action publique ».
En accueillant ces États généraux, Cotonou devient, pendant trois jours, le cadre d’une réflexion collective sur les mécanismes susceptibles d’étendre la couverture assurantielle à un plus grand nombre d’Africains. Au-delà des conclusions attendues, les échanges visent à inscrire l’assurance parmi les instruments capables d’accompagner la résilience des ménages, la sécurisation des activités économiques et le développement des États africains.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

