À l’heure où la diplomatie se mesure à la force de l’influence, le Bénin s’impose désormais parmi les nations qui comptent sur l’échiquier africain. Sous l’impulsion du Président Romuald Wadagni, notre pays occupe une place de choix au cœur de la nouvelle géopolitique économique du continent.
Avec une diplomatie empreinte de sérénité, de rigueur et d’autorité, le président Romuald Wadagni dialogue désormais d’égal à égal avec les grandes figures de la décision africaine, tout en redessinant, avec constance et intelligence stratégique, la carte de l’influence béninoise sur le continent. Accueilli au pavillon présidentiel de l’aéroport de Bole, par le Vice-Premier ministre éthiopien Tiruneh Temesgen, il a saisi le temps d’une journée pour faire parler le Bénin.
L’histoire étant une étrange comptable, elle préfère additionner les seuils franchis. En moins d’une journée, le Président béninois aura condensé ce que certaines diplomaties mettent plusieurs années à construire : la confiance des institutions financières, l’écoute des décideurs africains et la considération des chefs d’État. Addis-Abeba n’est pas une capitale ordinaire. Y être convié comme invité d’honneur à la retraite stratégique d’Afreximbank constitue une forme de consécration. Les grandes institutions financières investissent là où elles perçoivent de la vision, de la stabilité et une capacité éprouvée à transformer les idées en réalités économiques.
Et l’audience du Président Romuald Wadagni avec le Docteur George Elombi, Président-Directeur Général d’Afreximbank, l’homme qui tient les cordons d’une bourse panafricaine est le signe que le Bénin, depuis longtemps, n’est plus un simple spectateur.
Léopold Sédar Senghor aimait rappeler que « le rendez-vous du donner et du recevoir » est la condition de toute civilisation féconde. Longtemps, l’Afrique s’est rendue aux grandes rencontres internationales pour recevoir des recettes.
À Addis-Abeba, le Bénin est venu apporter une expérience. Toute la différence est là. Et le thème du panel inaugural avait quelque chose d’une confession continentale : « Pourquoi les gouvernements africains échouent-ils toujours à s’industrialiser ? » Question redoutable. Question presque cruelle. Question que l’Afrique se pose depuis les indépendances. Face à cette interrogation, beaucoup auraient convoqué les statistiques, les diagnostics ou les justifications. Romuald Wadagni a choisi une autre grammaire.
Il a parlé par les faits. Il a répondu par Glo-Djigbé, la Zone Industrielle qui apparaît comme une démonstration presque pédagogique : la souveraineté économique commence là où les matières premières cessent d’être exportées à l’état brut pour revenir sous forme de produits manufacturés. Kwame Nkrumah, en 1957, avait lancé au monde une phrase qui n’a pas pris de ride : « Nous préférons nous gouverner nous-mêmes dans le danger plutôt que d’être gouvernés par d’autres dans le confort. »
L’industrialisation n’est donc jamais un cadeau, c’est un risque qu’on assume. Ainsi à Addis-Abeba, le Président béninois n’a donc pas convoqué la théorie. Il n’a pas cherché à convaincre. Il a montré. Là où beaucoup de pays continuent de bâtir des stratégies sur papier, le Bénin expose des réalisations concrètes, des chaînes de valeur, des investissements productifs, entre autres.
Ce voyage raconte une histoire plus profonde encore.
Depuis plusieurs années, le Bénin poursuit une métamorphose silencieuse. Le pays qui sollicitait hier l’attention du monde devient progressivement, celui que le monde consulte. Quel changement de paradigme ! Et c’est là que naît cette ressource immatérielle que Joseph Nye nomme le « soft power » : cette capacité d’influencer sans contraindre, d’attirer sans imposer, de convaincre sans élever la voix.
Le tête-à-tête avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’inscrit dans cette même logique. Car les véritables accords internationaux se négocient rarement devant les caméras. Ils prennent naissance dans ces conversations où deux dirigeants parlent moins de l’actualité que des décennies à venir. Fernand Braudel écrivait que « les événements sont de la poussière ; les structures sont la montagne. » La montagne que le Bénin est en train d’édifier porte un nom : la crédibilité, faite de discipline budgétaire, de réformes assumées, d’institutions renforcées, d’une administration modernisée, d’infrastructures transformées et d’une diplomatie économique devenue l’un des principaux leviers de son rayonnement. C’est justement cette crédibilité qui attire aujourd’hui les investisseurs, qui ouvre les portes des grandes banques de développement et qui transforme un petit État par la taille en acteur écouté par son influence.
Il faut ici mesurer toute la portée symbolique de cette journée du lundi 13 juillet. Partir au lever du soleil. Dialoguer avec les plus hauts responsables politiques et financiers du continent. Participer à l’une des réflexions économiques les plus stratégiques de l’Afrique. Et retrouver Cotonou le même jour. Pas de nuit d’hôtel, pas de délai de courtoisie : c’est l’urgence d’un pays qui prend la mesure de ces défis. C’est une métaphore qui raconte la rage d’un État qui refuse désormais les lenteurs inutiles et qui considère que le temps diplomatique doit produire des résultats économiques. Benjamin Franklin rappelait que « le temps est l’étoffe de la vie ». Les nations émergentes savent surtout que chaque heure gagnée rapproche du développement.
Le Bénin n’entre plus dans les grandes salles africaines avec la modestie de celui qui demande une place. Il s’y installe avec la sérénité de celui dont la crédibilité est devenue son meilleur passeport. Et c’est peut-être là que réside la plus belle victoire de Romuald Wadagni. Comme ces fleuves dont parlait Héraclite, qui semblent toujours les mêmes, alors que leurs eaux ne cessent de changer, le Bénin demeure fidèle à lui-même tout en changeant profondément de dimension. Et ce, en transformant sa géographie en influence, sa crédibilité en puissance et sa vision en héritage, convaincu, selon la belle formule de Goethe, que « l’audace porte en elle le génie, la puissance et la magie. » Nelson Mandela confiait un jour à propos de la mesure des hommes : « Il n’y a pas de plaisir à vivre une vie inférieure à celle que l’on est capable de vivre. »
Cette leçon de sobriété et d’ambition, le Bénin à la face du monde, vient d’en donner une belle illustration. Quelle prouesse !
Par Alexis Azonwakin

