La progression des activités du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) s’accompagne d’une appréciation favorable de sa qualité de crédit. Bloomfield Investment Corporation lui attribue A+ à long terme et A1 à court terme, avec une perspective stable, tout en attirant l’attention sur les besoins de renforcement des fonds propres et la maîtrise des risques.
Le FAGACE consolide sa position dans le financement des économies africaines, avec une activité de garantie en progression sur les dernières années. Dans sa notation couvrant la période de juillet 2026 à juin 2027, Bloomfield Investment Corporation met en avant l’évolution de la gouvernance, le développement des engagements et le renforcement des mécanismes de contrôle et de gestion des risques. À long terme, la note A+ traduit une qualité de crédit élevée, avec des facteurs de protection jugés « bons ». À court terme, la note A1 reflète une capacité de remboursement considérée comme très élevée, notamment grâce à des indicateurs de liquidité solides.
Les chiffres, si besoin est encore de le rappeler, illustrent l’expansion du Fonds. Les engagements de garanties sont passés de 64,865 milliards FCFA en 2021 à 725,369 milliards FCFA en 2025, après un niveau de 899,993 milliards FCFA en 2024. Sur la même période, le produit net bancaire est passé de 2,444 milliards à 5,925 milliards FCFA. À fin 2025, le total de bilan atteignait 65,183 milliards FCFA, tandis que les fonds propres s’établissaient à 58,756 milliards FCFA.
Des points de vigilance
Cette accélération de l’activité s’accompagne toutefois de plusieurs risques. Bloomfield relève notamment un potentiel d’aval déficitaire au regard du niveau des fonds propres, ainsi qu’une progression du coût du risque. L’agence souligne également l’exposition à l’environnement géopolitique et sécuritaire de certains pays d’intervention. Le renforcement de la base de fonds propres figure ainsi parmi les enjeux à moyen terme. Le FAGACE conserve néanmoins des marges de manœuvre grâce à sa flexibilité financière et aux mécanismes de regarantie et d’assurance dont il peut disposer.
Créé en 1977, le Fonds, basé à Cotonou, compte 19 États parmi ses actionnaires, auxquels s’ajoutent la Banque centrale de Madagascar et deux investisseurs institutionnels. Son capital social est estimé à 500 milliards FCFA à fin 2025.
Par Sylvestre TCHOMAKOU


