Le mardi 6 octobre 2026 l’ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, Stéphane Mund, a échangé avec des représentants de la presse nationale et internationale. La rencontre a porté notamment sur le rôle des médias, la désinformation, les effets des conflits géopolitiques et les actions de l’Union européenne en faveur des professionnels de l’information au Bénin.
Face à la multiplication des crises internationales et la circulation rapide de contenus sur les réseaux sociaux, la question de la fiabilité de l’information s’est invitée au cœur des échanges entre l’Union européenne et les médias béninois. Stéphane Mund, ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, a reçu la presse nationale et internationale, mardi 6 octobre 2026, à sa résidence à Cotonou, pour une séance d’échanges consacrée notamment au partenariat entre l’UE, l’Afrique et le Bénin. En ouvrant la rencontre, l’ambassadeur a rappelé l’importance accordée par l’Union européenne au travail des journalistes. « En démocratie, les journalistes ne sont pas de simples observateurs de l’actualité, mais les garants indispensables de la liberté et de la vérité », a-t-il déclaré. Stéphane Mund a également évoqué les transformations du paysage informationnel avec le développement des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Face à la désinformation et à la polarisation du débat public, il a insisté sur la nécessité, pour les journalistes, de renforcer la vérification et la qualité du traitement de l’information. « À l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, alors que la désinformation et la polarisation menacent d’asphyxier le débat public, le travail, je dirais même la mission du journaliste, est plus vitale que jamais : vérifier les faits, enquêter en toute rigueur et offrir une information fiable, précise, éclairée et nuancée », a-t-il souligné.
Les effets des conflits sur les économies
La situation internationale a constitué un autre volet de son intervention. Stéphane Mund a fait référence à la prise de parole du Bénin à la tribune des Nations Unies sur la multiplication des guerres et des tensions géopolitiques.
Selon lui, les conflits au Moyen-Orient, en Ukraine et en Afrique de l’Ouest ont des répercussions sur les populations et les économies. Il a cité notamment la hausse du prix du pétrole et des fertilisants, les perturbations des routes commerciales maritimes ainsi que les difficultés affectant les chaînes d’approvisionnement.
L’ambassadeur a également évoqué les conséquences de la guerre en Ukraine sur les exportations céréalières. Les frappes visant des infrastructures agricoles, des ports et des couloirs maritimes ukrainiens affectent, selon son intervention, l’approvisionnement mondial en céréales, notamment vers l’Afrique et le Moyen-Orient.
La désinformation au cœur des préoccupations
Stéphane Mund a ensuite abordé la dimension informationnelle des conflits. Il a évoqué le recours à la manipulation de l’information, aux deep fakes, aux cyberattaques et aux discours de haine par des acteurs étatiques et non étatiques. Face à ces phénomènes, Stéphane Mund a rappelé la place des médias dans l’accès à une information fiable. Il a salué le travail des journalistes béninois et leur engagement. La rencontre a aussi permis à l’ambassadeur de présenter quelques actions de l’Union européenne en faveur des professionnels des médias au Bénin. L’UE soutient actuellement des radios communautaires dans huit départements ainsi que la Fédération des radios communautaires et assimilées du Bénin (FeRCAB), à travers le projet MéSoCiR. Deux projets de renforcement des capacités des journalistes sont également financés en collaboration avec Banouto.
Cette rencontre annuelle entre la représentation de l’Union européenne et les médias béninois a ainsi permis d’aborder les évolutions du partenariat UE-Bénin et UE-Afrique, mais aussi les questions liées à l’information, aux conflits internationaux et aux nouvelles formes de manipulation des contenus. L’ambassadeur a indiqué que l’UE entend poursuivre son soutien aux professionnels des médias au Bénin et maintenir ce cadre d’échanges avec la presse.
Par Sylvestre TCHOMAKOU


