Le Port autonome de Cotonou occupe la 31ᵉ place africaine et le 324ᵉ rang mondial dans l’édition 2025 de l’Indice de performance des ports à conteneurs publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Un résultat qui relance le débat sur l’efficacité opérationnelle de la plateforme béninoise, alors même que d’importants projets de modernisation sont engagés depuis plusieurs années.
Dans la compétition silencieuse que se livrent les grands ports africains pour attirer les flux commerciaux, la rapidité de traitement des navires est devenue un indicateur de premier plan. À l’heure où plusieurs États du continent investissent massivement dans leurs infrastructures maritimes, le dernier classement de la Banque mondiale et de S&P Global Market Intelligence met en évidence les progrès accomplis par certains ports, mais aussi les défis persistants pour d’autres, dont celui de Cotonou. Publié le 10 juin, l’« Indice de performance des ports à conteneurs 2025 » évalue 400 plateformes portuaires à travers le monde sur la base du temps écoulé entre l’arrivée d’un navire et son départ après les opérations de chargement et de déchargement. Le Port autonome de Cotonou (PAC) se classe au 324ᵉ rang mondial et à la 31ᵉ place en Afrique.
Une position qui le maintient largement en dehors du Top 10 continental, dominé cette année par Tanger Med au Maroc, Port-Saïd en Égypte et Djibouti. Plus révélateur encore, la plateforme béninoise se retrouve derrière plusieurs ports d’Afrique de l’Ouest, notamment Dakar au Sénégal (144ᵉ mondial), San Pedro en Côte d’Ivoire (211ᵉ), mais aussi Tin Can Island (318ᵉ) et Lagos (320ᵉ) au Nigeria. Le Port de Lomé, souvent présenté comme un concurrent direct dans le Golfe de Guinée, occupe pour sa part la 35ᵉ place africaine.
Des investissements encore attendus au tournant des résultats
Cette performance intervient dans un contexte où d’importants efforts de modernisation sont engagés au Port de Cotonou depuis plusieurs années. Travaux d’extension, amélioration des équipements, réformes organisationnelles et ambition de faire du Bénin une plateforme logistique sous-régionale figurent parmi les priorités du gouvernement béninois. Le classement 2025 suggère néanmoins que les investissements réalisés ne se traduisent pas encore pleinement par des gains significatifs en matière d’efficacité opérationnelle, principal critère retenu dans l’évaluation.
Des contraintes structurelles persistantes
La Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence soulignent que de nombreux ports africains restent confrontés à des contraintes de capacité, à l’insuffisance des investissements, à une connectivité limitée avec l’arrière-pays et à une concurrence interportuaire encore faible. Les auteurs du rapport observent également que les ports fortement dépendants des importations enregistrent généralement des performances plus modestes. Cette configuration complexifie la gestion des conteneurs et allonge les délais d’escale des navires. Pour le Bénin, ce classement constitue ainsi un indicateur à suivre de près. Au-delà des infrastructures, la compétitivité portuaire repose désormais sur la fluidité des procédures, la qualité de la chaîne logistique et la capacité à réduire les temps de passage. À l’échelle africaine, Tanger Med s’impose comme la référence du continent en se hissant au 6ᵉ rang mondial.
Classement des ports à conteneurs les plus performants en Afrique en 2025 :
1-Tanger Med/Maroc (6è rang mondial)
2-Port Said/Egypte (15è)
3-Djibouti (53è)
4-Damiette/Egypte (105è)
5-El Sokhna/Egypte (115è)
6-Mogadishu/Somalie (127è)
7-Dakar/Sénégal (144è)
8-El Dekheila/Egypte (179è)
9-San Pedro/Côte d’Ivoire (211è)
10-Malabo/Guinée équatoriale (222è)
11-Toamasina/Madagascar (225è)
12-Rades/Tunisie (238è)
13-Dar Es Salaam/Tanzanie (255è)
14-Lobito/Angola (256è)
15-Onne/Nigeria (259è)
16-Annaba/Algérie (270è)
17-Maputo/Mozambique (273è)
18-Agadir/Maroc (279è)
19-Matadi/RD Congo (285è)
20-Qasr Ahmed/Libye (286è)
21-Port Victoria/Seychelles (287è)
22-Bata/Guinée équatoriale (293è)
23-Alexandrie/Egypte (299è)
24-Owendo/Gabon (300è)
25-Nouakchott/Mauritanie (304è)
26-Khoms/Libye (308è)
27-Port Elizabeth/Afrique du Sud (314è)
28-Beira/Mozambique (315è)
29-Tin Can Island/Nigeria (318è)
30-Lagos/Nigeria (320è)
31-Cotonou/Bénin (324è)
32-Freetown/Sierra Leoné (330è)
33-Banjul/ Gambie (337è)
34-Lamu/Kenya (345è)
35-Lomé/Togo (347è)
36-Lekki/Nigeria (353è)
37-Nacala/Mozambique (356è)
38-Monrovia/Liberia (360è)
39-Casablanca/Maroc (365è)
40-Port Louis/Maurice (369è)
41-Douala/Cameroun (370è)
42-Walvis Bay/Namibie (372è)
43-Tema/Ghana (376è)
44-Alger/ Algérie (379è)
45-Ngqura/Afrique du Sud (380è)
46-Abidjan/Côte d’Ivoire (381è)
47-Béjaïa/Algérie (388è)
48-Luanda/Angola (390è)
49-Pointe-Noire/République du Congo (391è)
50-Kribi/Cameroun (395è)
51-Mombasa/Kenya (396è)
52-Durban/Afrique du Sud (398è)
53-Conakry/Guinée (399è)
54-Le Cap/Afrique du Sud (400è)
Par Sylvestre TCHOMAKOU

