Au forum des BOAD Development Days 2026 les 11 et 12 juin 2026 à Lomé, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a plaidé pour une transition énergétique pensée à l’échelle des villes et des quartiers, et non seulement des bâtiments. Il a surtout appelé à rendre les financements verts réellement accessibles aux collectivités locales, qu’il considère comme des actrices centrales de l’habitat durable et de la transformation climatique.
Le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a plaidé pour que la transition énergétique soit étendue au-delà du seul bâtiment, à l’échelle des quartiers et des villes, et pour que les financements climatiques parviennent effectivement aux collectivités locales. Il s’exprimait lors des BOAD Development Days 2026, forum tenu les 11 et 12 juin à Lomé.
Organisée par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), institution de financement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) basée à Lomé, cette deuxième édition était consacrée au financement d’un habitat durable et inclusif comme levier de souveraineté énergétique. Le forum a réuni environ 400 participants et a été ouvert par le président de la BOAD, Serge Ekué. Les débats ont mis en avant un déficit estimé à quatre millions de logements dans l’espace UEMOA, dont la population doit dépasser 300 millions d’habitants en 2050, dont plus de la moitié vivra en zone urbaine.
Architecte de formation et ancien secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, Luc Gnacadja a défendu une conception de l’habitat dépassant le logement pour englober infrastructures, services, espaces publics et mobilités. Il a également mis en avant la conception bioclimatique, estimant que l’énergie la moins coûteuse et la moins polluante est celle qui n’est pas consommée, et a soutenu que la transition se jouait autant dans les quartiers déjà habités que dans les constructions futures. Il a aussi prôné la valorisation de matériaux locaux comme la terre stabilisée, la terre cuite et le bois, pour réduire les importations, les émissions et les coûts tout en créant des emplois.
Sur le financement, le maire a estimé que la difficulté persistante d’accès des collectivités locales aux financements verts devait être considérée comme « un indicateur de contre-performance du système lui-même ». Il a jugé que l’efficacité des mécanismes de finance climatique ne devait pas être mesurée aux seuls montants annoncés, mais à leur capacité à atteindre les territoires qui portent les transformations.
La BOAD inscrit ces journées dans son plan stratégique 2026-2030, axé sur le développement de territoires intégrés. La première édition du forum, en juin 2025, avait porté sur la transition énergétique et l’agriculture durable.
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Des milliards annoncés. Des villes qui attendent toujours. La vraie panne de la finance_climatique. Aux BOAD Development Days_2026 à Lomé, consacrés au thème « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique », j’ai défendu une idée simple : La #performance de la finance climatique ne devrait pas être mesurée uniquement par les montants mobilisés, engagés ou annoncés, mais aussi par sa capacité à atteindre effectivement les territoires qui portent les transformations sur le terrain et à produire des impacts concrets pour les populations. Car le paradoxe est frappant. Alors que des centaines de milliards de dollars sont régulièrement annoncés pour financer la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique, les villes africaines — pourtant en première ligne face à ces défis — continuent de rencontrer d’importantes difficultés pour accéder à ces ressources. Une finance climatique qui n’atteint pas les territoires qui agissent est une finance climatique qui n’atteint pas sa cible. Urbanisme, habitat, mobilité, végétalisation, gestion des eaux pluviales, efficacité énergétique : les collectivités locales disposent de leviers puissants pour accélérer la transition.
Pourtant, elles demeurent encore largement à l’écart des grands flux financiers censés la soutenir. Lorsque des villes peinent à accéder aux financements climatiques, ce n’est pas seulement une faiblesse des territoires. C’est aussi une contre-performance des institutions qui gèrent ces financements. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de milliards sont mobilisés. La vraie question est de savoir combien parviennent effectivement jusqu’aux territoires capables de les transformer en résultats visibles, mesurables et durables. Tant que les financements climatiques n’atteindront pas massivement les villes et les territoires, leur efficacité réelle restera inférieure à leur ambition affichée. Car la transition énergétique ne se gagnera pas principalement dans les rapports financiers ou les salles de négociation. Elle se gagnera dans les villes, les quartiers et les bâtiments où vivent les populations.
Par la Rédaction

