Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), réuni le 10 juin 2026 à Dakar, a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Le taux minimum de soumission aux opérations d’injection de liquidité reste fixé à 3 %, tandis que le taux du guichet de prêt marginal est maintenu à 5 %. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements de crédit de l’Union demeure également inchangé à 3 %. Ces niveaux sont en vigueur depuis le 16 mars 2026.
Cette décision repose sur l’analyse de l’évolution récente de la conjoncture économique mondiale et régionale, des perspectives d’inflation, de la dynamique de croissance ainsi que de la situation extérieure de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Au niveau international, l’activité économique est restée relativement soutenue au cours des premiers mois de 2026. Toutefois, les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent d’alimenter les incertitudes, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation des coûts du transport maritime.
Une inflation encore contenue, mais sous surveillance
Dans l’Union, l’inflation est ressortie à -0,2 % au premier trimestre 2026, après -1,3 % au trimestre précédent. Pour l’ensemble de l’année, elle devrait atteindre 1,6 %, sous l’effet notamment du renchérissement attendu des produits énergétiques et de certaines denrées alimentaires importées.
Le Comité souligne néanmoins un risque majeur : une aggravation des tensions géopolitiques pourrait entraîner une hausse plus marquée des cours du pétrole, avec des répercussions directes sur les prix à la consommation dans les pays de l’Union.
Une croissance solide dans un environnement incertain
L’activité économique continue, pour sa part, de faire preuve de résilience. La croissance du produit intérieur brut (PIB) en termes réels est estimée à 6,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, après 6,5 % au trimestre précédent. Cette performance repose sur le dynamisme de l’ensemble des secteurs d’activité, notamment les industries extractives et manufacturières, ainsi que sur les bons résultats enregistrés dans le secteur agricole.
Le financement de l’économie demeure également bien orienté. Les crédits accordés au secteur privé ont progressé de 4,04 % à fin mars 2026. Pour l’ensemble de l’année, la croissance économique de l’Union est attendue à 6,1 %, après 6,5 % en 2025.
Sur le plan extérieur, la situation s’est améliorée au premier trimestre, portée par la progression des exportations de pétrole, d’or et de cacao, ainsi que par l’accroissement des ressources extérieures mobilisées par les États membres.
Noter que face à un environnement international toujours incertain, le Comité de politique monétaire a réaffirmé sa vigilance et indiqué qu’il continuerait à suivre de près l’évolution des risques inflationnistes. Il se tient prêt à prendre, si nécessaire, les mesures appropriées pour garantir la stabilité monétaire et financière de l’Union.
Par Falco VIGNON

