Le président de la Cour des comptes de Côte d’Ivoire, le professeur Kanvaly Diomandé, a ouvert, lundi 20 avril 2026 à Abidjan, un atelier régional consacré à l’évaluation des stratégies d’endettement et à l’audit de la gestion de la dette publique dans l’espace Uemoa. C’était en présence du président de la Cour des comptes de l’Uemoa, Segnon Yves-Marie Adissin.
Cette rencontre vise à renforcer les capacités techniques des magistrats financiers, conformément aux standards internationaux et aux orientations du Guid 5250 de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (Intosai). A l’occasion, les acteurs des juridictions financières de l’Uemoa ont insisté sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse de la dette publique, dans un contexte de pressions budgétaires croissantes et de multiplication des crises.
Dès l’entame, le Pr Kanvaly Diomandé a situé l’enjeu. « Le ratio d’endettement est passé de 32 % du Pib en 2015 à 62,5 % en 2025, soit une hausse de plus de 30 points », a-t-il souligné. Une évolution préoccupante, quoiqu’en deçà du seuil communautaire fixé à 70 %. « Les juridictions financières que nous sommes sont plus que jamais interpellées », a-t-il insisté, appelant à une vigilance accrue sur la soutenabilité et l’utilisation des ressources.
Pour le président de la Cour des comptes, la mission des juridictions financières est claire : « évaluer la viabilité et la sincérité des états financiers, examiner l’efficacité de la gestion de la dette et veiller au respect des normes ». Un rôle d’autant plus crucial dans un contexte marqué par des crises successives, notamment la Covid-19 et la guerre en Ukraine, qui ont accru les besoins de financement des États.
Représentant le ministre de l’Économie, Vassogbo Bamaba, directeur de cabinet adjoint, a plaidé pour une gestion prudente de l’endettement. « Le recours à la dette doit être maîtrisé, dans l’intérêt des générations présentes et futures », a-t-il affirmé. Il a structuré les réformes à engager autour de trois axes : la sincérité de l’information budgétaire, l’alignement sur les standards internationaux et l’anticipation des risques. « Garantir la fiabilité de nos trajectoires budgétaires est une priorité », a-t-il martelé, qualifiant les magistrats financiers de « sentinelles de la prospérité ».
Le président de la Cour des comptes de l’Uemoa, Segnon Yves-Marie Adissin, a souligné que cet atelier doit permettre de mieux outiller les participants en matière d’analyse de la dette, d’évaluation des risques et d’amélioration des recommandations formulées dans les rapports. Durant cinq jours, experts et magistrats des huit États membres échangeront sur les méthodes d’audit, les indicateurs de soutenabilité et les bonnes pratiques, avec l’appui du Fonds monétaire international.
Le représentant d’Afritac Ouest, Abdoulahi Mfombouot, a précisé que deux experts internationaux animeront les sessions. Représentant de la Commission de l’Union, basé en Côte d’Ivoire, Gustave Diasso, a résumé l’enjeu : « bâtir une culture commune de contrôle et améliorer la gouvernance de la dette publique ». Un impératif pour assurer la soutenabilité des finances publiques et soutenir durablement le développement économique de la région.
Par Bidossessi WANOU

