Lors des Assemblées Générales Annuelles de Shelter Afrique Development Bank, qui se sont tenues du 9 au 11 juin à Rabat, Lionel Zinsou, Président du Conseil d’Administration, a dévoilé la nouvelle stratégie de la banque. Ancien Premier ministre du Bénin, il a exposé sa vision pour dynamiser le marché du logement sur le continent, mêlant ambition financière et pragmatisme.
Shelter Afrique, récemment transformée en banque de développement, s’apprête à franchir une étape majeure en mobilisant près de 300 millions de dollars. Cette somme doit permettre de pallier le déficit chronique de logements sociaux en Afrique, un défi économique majeur. La banque mise notamment sur les succès déjà observés dans plusieurs pays, citant le Maroc comme exemple en matière de politique et de financement du logement social, ainsi que l’Égypte et l’Afrique du Sud.
Abordant la question de la prédominance des cadres anglophones au sein de l’institution et les inquiétudes liées à une possible fracture culturelle, Lionel Zinsou rejette cette idée en la qualifiant de « fausse perception ». Pour lui, ce sont avant tout les réalités économiques et démographiques qui importent. Les principales puissances économiques du continent, comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Égypte, ne sont pas francophones et concentrent des populations importantes, loin devant certains pays francophones comme le Bénin.
Enfin, Shelter Afrique revendique une identité économique où coexistent diverses langues et cultures. L’essentiel, selon Lionel Zinsou, ne se joue pas entre français et anglais, mais dans l’expansion des langues africaines majeures, telles que le swahili, le yoruba, le lingala ou le wolof. Il insiste : ce ne sont pas les langues coloniales qui déterminent l’identité de l’Afrique ni sa manière de travailler.

