Face à l’essor rapide des technologies numériques, le Conseil National du Patronat du Bénin s’emploie à intensifier ses actions de formation. Le 21 avril 2026, une session dédiée à la sécurité et à la santé au travail à l’ère de l’intelligence artificielle a réuni des travailleurs d’entreprises membres, avec pour objectif d’allier bien-être des employés et performance organisationnelle.
L’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les environnements professionnels redéfinit les approches en matière de sécurité et de santé au travail. Dans ce contexte, le Conseil National du Patronat du Bénin (CNP-Bénin) a organisé, mardi 21 avril 2026 à son siège, une formation à l’intention des travailleurs de ses entreprises membres. Inscrite dans une dynamique de renforcement des capacités, cette initiative vise à mieux outiller les acteurs du monde professionnel face aux risques liés à leurs activités, tout en explorant les apports des technologies numériques. La session a notamment mobilisé les membres des comités d’hygiène et de sécurité, avec un accent particulier sur la prévention des risques en entreprise.
Pour Philippe-Emmanuel Johnson, conseiller aux affaires sanitaires du président du CNP-Bénin, cette démarche s’inscrit dans la volonté du CNP-BÉNIN d’accompagner le bien-être des employés et la croissance des entreprises. « Cette formation est motivée par notre rôle de chef d’entreprise. Nous devons d’abord savoir que le travailleur qui quitte sa maison pour venir travailler vient pour gagner sa vie et non pour la perdre. Alors pour ne pas perdre sa vie, il faut qu’il y ait des mesures de sécurité. Donc le travailleur doit connaître les risques auxquels il peut être exposé dans son environnement professionnel.
Le chef d’entreprise aussi doit connaître les risques qu’il peut y avoir et tout faire pour qu’il n’y ait pas de blessures et qu’il n’y ait pas de dommages graves. Donc c’est dans ce but que nous nous formons justement dans les travailleurs des entreprises, les comités de sécurité, santé ou communément appelés CHS. Nous faisons cette formation pour montrer l’intérêt de l’IA dans la prévention des risques professionnels ».
Prévenir les risques dans un environnement en mutation
Parmi les thématiques développées, l’usage de l’intelligence artificielle dans la gestion des risques professionnels a suscité un intérêt particulier. Saisissant l’occasion, Murielle Houessou, ingénieure spécialiste en Data et IA, a souligné l’intérêt d’un usage mesuré de ces outils. « L’IA appliquée à la sécurité et à la santé au travail permet d’automatiser certaines tâches répétitives grâce à la robotique, de protéger les collaborateurs qui ne seront plus exposés à des tâches à risque. Et dans un second temps, à part l’utilisation dans les industries, il y a aussi le fait qu’elle permet d’être beaucoup plus productifs, mais il ne faudrait pas aussi tout confier à l’IA, il faudrait qu’elle soit un agent qui permet d’augmenter la productivité au travail », a-t-elle fait savoir.
Du côté des participants, la formation est perçue comme une réponse adaptée aux mutations actuelles du monde du travail. Daniel Oké, superviseur qualité, hygiène, sécurité et environnement à la Société pour le développement du coton (SODECO), est revenu sur l’intérêt pratique des enseignements reçus. « Je remercie le Conseil National du Patronat. Alors, il faut reconnaître qu’aujourd’hui, le monde est en plein développement, et que les domaines tels que la sécurité, santé et le travail ne sont pas épargnés. Et quand on parle de la numérisation, de l’intelligence artificielle, ce sont des éléments aujourd’hui qui impactent la sécurité et la santé au travail dans nos sites.
De ce fait, cette formation vient à point nommé être un renforcement de nos compétences pour pouvoir implémenter cette disposition-là dans nos structures diverses, notamment dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail ».
À travers cette série de formations, le Conseil National du Patronat du Bénin entend accompagner les entreprises dans l’adaptation de leurs pratiques aux réalités numériques, en conciliant protection des travailleurs et amélioration des performances.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

