La confiance des contribuables envers l’administration fiscale béninoise est en nette progression. Le Rapport 2025 sur la perception de l’intégrité des services de la Dgi révèle des avancées notables grâce aux réformes numériques, mais pointe aussi des fragilités persistantes, notamment dans le contentieux et l’assiette de l’impôt.
Aké MIDA
Les sociétés et entreprises individuelles interrogées affichent une confiance quasi-inédite au fisc. En 2025, la perception globale de l’intégrité atteint 95,8 %, contre 92,1 % en 2023 et 86 % en 2021, selon le Rapport de l’Enquête de perception de l’intégrité des services de l’administration fiscale, édition 2025 de la direction générale des Impôts (Dgi, décembre 2025). Les performances les plus remarquables concernent la digitalisation des procédures, le guichet unique de dépôt des états financiers en ligne et l’immatriculation en ligne, avec des scores supérieurs à 97 %. La modernisation numérique : facturation électronique, déclarations et paiements en ligne, apparaît ainsi comme le moteur principal de cette confiance retrouvée. Pourtant, le contentieux fiscal reste le maillon faible, perçu comme opaque et vulnérable aux pratiques informelles.
Chez les personnes physiques, la confiance progresse également, mais de manière plus nuancée. La perception globale atteint 88,1 % en 2025 contre 82,7 % en 2023. Les citoyens saluent l’immatriculation et l’enregistrement des actes, mais expriment des réserves sur l’assiette et la liquidation de l’impôt, qui plafonnent à 61,3 %, ainsi que sur le contentieux. Ces résultats traduisent une perception plus critique des usagers individuels, souvent confrontés aux lenteurs administratives et aux pratiques informelles.
Encore du grain à moudre !
Le regard du personnel de la Dgi paraît plus sévère. Les agents évaluent le cadre réglementaire à 90,3 %, la transparence à 87,8 % et la confiance à 91 %. Mais l’intégrité est estimée à seulement 80,7 %, en baisse de près de 10 points par rapport à 2023. Cette lucidité interne révèle une conscience des failles persistantes, notamment dans la gestion des dossiers sensibles et dans la lutte contre la corruption.
Les organisations de la société civile reconnaissent, elles aussi, les progrès liés à la digitalisation et à l’immatriculation, mais pointent des inquiétudes sur la gestion des exonérations, des factures normalisées et sur le contentieux. Leur vigilance rappelle que la transparence fiscale ne se limite pas aux outils numériques, mais exige une gouvernance crédible et une sanction effective des dérives.
Le rapport met en évidence une dynamique positive : la confiance des usagers s’améliore, portée par la digitalisation et les réformes engagées. Mais il révèle aussi des fragilités structurelles. Le contentieux fiscal reste perçu comme opaque et vulnérable aux pratiques informelles. Les agents eux-mêmes expriment une baisse de confiance dans l’intégrité interne. Les citoyens restent plus critiques que les entreprises, signe d’une fracture dans la perception selon la catégorie de contribuables.
Ainsi, la Dgi peut se féliciter d’avoir gagné en crédibilité auprès des entreprises et des particuliers grâce à ses réformes numériques. Mais la bataille contre la corruption et pour une intégrité totale reste à poursuivre, notamment dans les services de contentieux et d’assiette.

