(Conakry : « Capitale africaine du salon des banques et PME » du 21 au 24 octobre)
À quelques mois de la 12ème édition du Salon des Banques et PME de l’Uemoa, prévue du 21 au 24 octobre 2026 à Conakry, le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), et Vice-Président de la PACCI (Chambre panafricaine de commerce et d’industrie), Mamadou Baldé a effectué un séjour à Cotonou. Au-delà du renforcement des liens avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), cette visite tenait du souci de mobiliser les acteurs économiques béninois autour de ce rendez-vous consacré au financement, à l’investissement et au développement du secteur privé africain, notamment guinéen. Entretien avec l’élu consulaire qui porte l’ambition d’une Guinée ouverte aux investisseurs.
Monsieur le Président, vous êtes à Cotonou à quelques mois du Salon des Banques et PME de l’Uemoa (SBPME) Guinée 2026. Quelle est la raison première de cette visite au Bénin et quels résultats souhaitez-vous obtenir de ce séjour ?
Merci. Je suis en mission pour le compte de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), une mission d’échanges et de partage avec nos homologues de la sous-région. Cette mission que nous sommes en train de réaliser dans la sous-région est à triple objectif. D’abord en ma qualité de Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée, une institution qui collabore avec l’ensemble des chambres de commerce de la sous-région. D’ailleurs, c’est l’occasion pour moi de rendre hommage à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin et à nos autres homologues ouest-africaines qui ont bien voulu accompagner le début du fonctionnement de notre chambre de commerce. Pour votre information, cela fait quatre ans que nous sommes en charge de diriger la Chambre de commerce de Guinée, et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) fait partie des chambres qui ont épaulé la CCIAG dans les formations, dans les orientations et dans le partage des documents.
Cela démontre que nous avons une approche avec la CCI Bénin. Alors notre visite ici actuellement à Cotonou est d’abord destinée à prendre contact et à partager des orientations avec le président de la CCI Bénin, M. Arnauld AKAKPO, qui est d’abord un mentor pour nous et un collaborateur. La Chambre de Commerce de Guinée prépare un événement qui doit être un événement historique, régional, sous régional et mondial. Cet événement, c’est le Salon des banques et PME de l’Uemoa que la CCIAG organise à Conakry du 21 au 24 octobre 2026. Ce Salon est plateforme d’intégration d’intégration de tous les mécanismes financiers et du secteur privé de la sous-région, de l’Afrique et du monde.
C’est dans ce cadre que nous sommes en mission de partage de l’initiative et pour valider les invitations de l’ensemble de nos homologues qui sont attendus en Guinée avec l’ensemble des acteurs économiques du Bénin. Donc le président de la CCI Bénin, lors de notre échange, nous a rassuré de sa disponibilité et de son engagement à conduire une très forte délégation béninoise en Guinée lors de ce Salon. D’ailleurs, notre ministre de l’Industrie et du Commerce enverra un courrier officiel à son homologue, ministre du Commerce du Bénin, qui voudra bien aussi faire partie de la mission de la délégation béninoise en Guinée en octobre lors de ce Salon des Banques et des PME.
Notre mission s’élargit aussi. Nous venons d’être élu président de la PACCI (Chambre panafricaine de commerce et d’industrie) pour l’Afrique de l’Ouest, et nous avons un mandat de deux ans pour diriger le fonctionnement de toutes les Chambres de commerce de l’Afrique de l’Ouest. Nous sommes aussi à Cotonou en qualité de président de cette institution basée à Addis Abeba et en notre qualité de vice-président Afrique de la PACCI. La PACCI, c’est une institution de la Chambre de Commerce Africaine qui est en liaison avec l’Union africaine (UA). Avec l’avènement de la ZLECAf, elle a pour mission de s’impliquer pour accompagner les échanges commerciaux entre les différents pays de l’Afrique de l’Ouest et pour faciliter le développement économique.
La PACCI a été mise en place il y a quelques années. Cette année (2026, ndlr), l’Afrique de l’Ouest a intégré l’institution et nous avons bénéficié de la confiance de nos pairs pour être élu président de la PACCI pour l’Afrique de l’Ouest pour un mandat de deux (02) ans.
Vous l’avez évoqué tantôt, du 21 au 24 octobre, Conakry sera la « Capitale africaine des PME ». Qu’est-ce qui distingue cette 12e édition du SBPME des 11 précédentes ?
Effectivement. Ce qui distingue cette 12ème édition de toutes les autres éditions passées, c’est des aspects spéciaux. D’abord, rassurez-vous que la Guinée est un pays à fort potentiel d’investissement. Depuis la mise en place du « Projet Simandou 2040 », la Guinée est devenue une destination pour les investissements. Aujourd’hui, quand vous venez à Conakry, vous sentez qu’il y a une forte mobilisation autour du développement.
La Guinée est devenue « un pays de rallye ». Aujourd’hui, avec le Projet Simandou 2040, le monde entier, l’ensemble des pays rallient la Guinée. Donc, le salon des banques, PME et des microfinances qui s’organise en Guinée, est un événement spécial qui va être différencié des autres événements que l’Uemoa organise, parce qu’aujourd’hui, ça devient un événement continental, un événement mondial.
La Guinée cherche également à diversifier son économie au-delà du secteur minier. Dans quels secteurs voyez-vous aujourd’hui les plus grandes opportunités pour le secteur privé guinéen ?
Vous savez, la Guinée fait partie des pays à fort potentiel minier dans le monde : l’or, le diamant et la bauxite, etc., mais après analyse, nous avons remarqué que pour que tout pays se suffise, il faut d’abord développer l’agriculture. Aujourd’hui, en Guinée, les missions qui nous sont assignées, tant au niveau de la Chambre de commerce, qu’au niveau de la Chambre d’agriculture, comme au niveau de l’ensemble des institutions consulaires d’ailleurs, c’est de montrer que le développement doit être lié au développement agricole et aux agro-industries. Aujourd’hui, les orientations que nous faisons, c’est que tout le monde sache qu’avec le potentiel de la Guinée, avec un pays riche en végétation, en fruits et disposant d’espaces agricoles largement suffisants, la priorité, c’est le développement de l’agro-industrie et de l’agrobusiness. Il y a de la place pour développer l’agro-industrie en Guinée. Je demande à l’ensemble des acteurs qui souhaitent vraiment contribuer au développement de la Guinée, de surtout se focaliser sur le domaine de l’agro-business.
Donc, c’est un aspect que nous développons, et il y a plusieurs autres aspects. Aujourd’hui, nous avons entamé la formation professionnelle, la formalisation des jeunes pour qu’ils comprennent qu’une formation professionnelle pourrait permettre à chacun d’être plus serein dans ses activités et de contribuer au développement agricole.
Comment les PME Guinéennes peuvent-elles profiter de la Zlecaf ?
L’intégration ouest-africaine et l’intégration africaine font partie de notre mission au niveau de la PACCI. Vous savez, la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), c’est pour développer et faciliter les échanges en réduisant certaines taxes. Cela peut être favorable si chaque pays a ses spécifications de produits que les autres viendront chercher. Et nous, nous allons nous focaliser sur le développement agricole. Que tous les acteurs économiques, que ce soit guinéens ou ouest-africains, s’intéressent un peu à la transformation et au développement agricole et industriel. C’est ce qui pourra favoriser les différents échanges. Surtout si un pays a des potentiels dans les légumes et les différents produits agricoles, ça pourrait quand même avoir un impact dans la mise en œuvre de la ZLECAf.
Pour clore cet entretien, quel message adressez-vous aux entreprises béninoises, aux investisseurs africains et à la diaspora qui hésitent encore à regarder la Guinée comme destination d’affaires et d’investissement ?
Merci. Comme premier message, je rends hommage à notre gouvernement, je rends hommage à mon président de la République, Mamadi Doumbouya (Président de la République de Guinée, Ndlr), qui a cru en la confiance du secteur privé de la Guinée. Dès l’avènement du pouvoir du président Mamadi Doumbouya, la première action qu’il a posée, c’est de mettre en place une Chambre de Commerce. Il nous écoute, il nous accompagne, il nous appuie, il nous donne vraiment de la considération. Je rends hommage à leur volonté de nous appuyer pour faire émerger un secteur privé guinéen dynamique et au service du développement durable. Le message que je pourrais encore partager est que nous travaillons en étroite collaboration avec notre ministère des Affaires étrangères de Guinée et des Étrangers. Nous avons un partenariat pour l’identification de la diaspora. Donc, je vais demander à l’ensemble de toute la diaspora, tous les Guinéens, qu’ils soient en Guinée ou à l’international, d’accepter de se faire recenser auprès de la Chambre de Commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée (CCIAG). Nous avons aujourd’hui la mission d’identifier les compétences et la vision. Nous avons aussi la charge d’orienter ceux qui veulent venir en Guinée. On les oriente vers les secteurs à fort potentiel et les opportunités d’investissement.
On les oriente pour leur montrer quels sont les différents domaines d’activités dans lesquels ils vont se lancer. La Chambre de Commerce de Guinée est devenue un outil d’orientation et de facilitation, ainsi qu’une interface entre l’administration publique et le secteur privé guinéen. Donc, il faut que tout le monde comprenne. Notre mission aujourd’hui en Guinée, c’est de valoriser le secteur privé et d’accompagner l’ensemble des acteurs économiques qui souhaitent découvrir la Guinée et y investir. Et surtout, l’événement dont nous vous parlons, le Salon des Banques, PME et des Microfinances, est un événement qui invite l’ensemble de ceux qui souhaitent venir.
J’invite la diaspora guinéenne, ceux qui vivent en Europe, en Asie, en Amérique, qui croient qu’ils ne connaissent pas la réalité du pays, à venir participer à cet événement que la Chambre de Commerce de Guinée organise à Conakry, sous la présidence d’honneur du président Mamadi Doumbouya, du 21 au 24 octobre 2026. Merci.
Réalisation : Sylvestre TCHOMAKOU

