Après une première édition tenue en décembre 2025, la Semaine Régionale de la Reprise d’Entreprise (SERERE) revient à Cotonou du 28 au 30 octobre 2026. Son promoteur, Biram Amouzouvi, entrepreneur social, coach formateur et expert en développement d’entreprises, défend la reprise et la transmission comme des solutions pour renforcer la pérennité des PME béninoises.
La première édition de la SERERE s’est tenue en décembre 2025. Quel était le constat de départ qui a conduit à la création de cette initiative ?
En moyenne, 150 entreprises se créent au Bénin et beaucoup se demandent comment passer à l’échelle après leur création. Les mécanismes ayant permis à certaines de passer à l’échelle aujourd’hui sont insuffisants au vu du nombre d’entreprises qui existent et se formalisent. Il fallait trouver une alternative stratégique qui a fait ses preuves dans d’autres pays, comme la France et le Canada : le repreneuriat. C’est ainsi que nous avons lancé les inscriptions et avons pu réunir exactement 87 personnes autour de la première édition de la Semaine Régionale de la Reprise d’Entreprise au Bénin, au siège de la CCI-Bénin, le 1er décembre 2025.
Quel bilan faites-vous de cette première édition ? Quels résultats concrets la SERERE 2025 a-t-elle permis d’obtenir pour les entreprises intéressées par la transmission ou la reprise ?
Notre ambition à travers la SERERE est d’abord de sensibiliser, ensuite de connecter et, par la suite, d’accompagner les porteurs de projets de reprise. Notre enquête de satisfaction après cette première édition nous a permis de constater qu’il n’existe aucune culture de la reprise dans notre écosystème. Bien de choses se font, mais la plupart restent dans l’informel. Cette édition nous a permis de constater que 100 % des entrepreneurs s’intéressent à la transmission et à la cession de parts dans notre écosystème. Nous avons également compris que c’est une opportunité pour notre cabinet de trouver des alternatives de financement et de pérennité pour les nouvelles et anciennes entreprises fondées dans notre pays. À l’issue de cette édition, trois entreprises sont actuellement en cours d’analyse avec deux potentiels repreneurs.
Pourquoi la transmission et la reprise d’entreprises doivent-elles aujourd’hui occuper une place importante dans les politiques de développement des PME en Afrique de l’Ouest ?
En Afrique de l’Ouest et au Bénin en particulier, nous n’avons aucune culture de la transmission. La preuve, beaucoup de grandes entreprises ayant connu du succès sur le marché disparaissent au décès du fondateur ou dans leur phase de déclin. C’est dommage. Je ne veux pas en citer puisque vous en connaissez comme moi. Allons-nous continuer à perdre des ressources, des valeurs et des emplois à chaque défaut de transmission ? 89 % des jeunes entreprises meurent avant l’âge de trois ans, alors qu’il existe des alternatives pour renforcer la gouvernance, le système de prise de décision et avoir accès à des marchés qui ouvrent la porte du succès. Au Canada, par exemple, c’est 80 % de taux de pérennité contre 57 % pour la création. En France, c’est 73 % de pérennité contre 62 % pour la création. En 2026, la reprise d’entreprise doit être considérée comme le nouvel accélérateur de croissance des PME au Bénin. Qu’on le veuille ou non, c’est l’ère de la reprise et non de la création seule.
La SERERE revient les 28, 29 et 30 octobre 2026 à Cotonou. Qu’est-ce qui distingue cette deuxième édition de celle de 2025 ?
Cette édition de la SERERE 2026 marque le début de notre conviction, on ne s’est pas trompé. Elle sera différente parce que nous lançons la Bourse régionale des entreprises, où des investisseurs ou repreneurs peuvent venir s’informer sur leur situation de gouvernance ou financière, discuter directement avec les promoteurs ou les contacter par la suite. Il faut qu’on se dise la vérité, entreprendre est un choix qu’il faut assumer, tout en recherchant sa pérennité, peu importe les périodes.
Quels profils d’entreprises ou de dirigeants souhaitez-vous particulièrement attirer cette année ?
Si votre entreprise recherche un coup de pouce technique et financier pour passer au cap suivant de sa phase de croissance, bienvenue à la SERERE. Nous sommes intéressés par des PME dans les secteurs de l’agroalimentaire, du numérique, des services de conciergerie, de l’hôtellerie, de l’éducation et de l’artisanat. Même selon le besoin du repreneur, c’est-à-dire l’acheteur potentiel d’une entreprise, nous pouvons faire du sourcing et préparer ce qu’il faut pour le satisfaire, parce qu’il fait partie de nos priorités sur le marché.
Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit du public ?
Aux repreneurs, c’est-à-dire aux investisseurs potentiels : si vous êtes un cadre supérieur ou un binational avec un bon patrimoine et que vous avez un peu de temps, vous pouvez reprendre une PME au Bénin. Aux cédants, c’est-à-dire aux entrepreneurs, si votre PME a besoin d’un coup de souffle pour avancer, il n’y a pas que les crédits, les financements non calculés ni les subventions sans fondement, etc. Il y a aussi une façon de vendre une part de son entreprise à quelqu’un qui s’intéresse à votre secteur. Ce quelqu’un sera présent à la SERERE. Venez le rencontrer et inscrivez-vous, posez-lui votre problème, car il sera avec nous. Rendez-vous à la SERERE 2026, du 28 au 30 octobre prochain. Contact : 01 97 83 54 58
Site web : www.globalservices-reprise.com.
Réalisation : Sylvestre TCHOMAKOU


