La circulation illicite des armes légères et de petit calibre mobilise l’attention continue de la communauté internationale. À Ouidah, le Bureau des Affaires du Désarmement des Nations Unies (UNODA) et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC) ont ouvert, lundi 17 août, la phase béninoise du Programme de formation sur le contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC). 22 professionnels issus de 16 États africains participent à ce rendez-vous du savoir et d’échanges de bonnes pratiques.
La lutte contre les armes illicites se joue aussi dans les salles de formation. Après Lomé, Ouidah accueille depuis lundi 17 août une session de la bourse de formation sur le contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC), portée par le Bureau des Affaires du Désarmement des Nations Unies (UNODA) et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC). Issue de la résolution 77/71 de l’Assemblée générale des Nations Unies, ce Programme vise à renforcer les capacités des pays participants en matière de prévention et de lutte contre le commerce illicite, le détournement et la prolifération des armes légères et de petit calibre, qui continuent d’alimenter les conflits, la criminalité organisée, le terrorisme et les violences armées dans le monde. Pendant trois jours, les praticiens francophones issus de 16 pays africains confronteront leurs expériences et approfondiront leurs connaissances sur des mécanismes susceptibles de renforcer le contrôle des armes sur le continent.
Les travaux portent notamment sur les cadres normatifs internationaux, continentaux et régionaux, le contrôle des transferts d’armes, le marquage, l’enregistrement et le traçage. La sécurité physique des stocks, leur gestion, ainsi que la destruction des armes et munitions figurent également au programme. La formation ne se limite pas aux enseignements théoriques. Études de cas, exercices de simulation et partage de bonnes pratiques doivent permettre aux participants de confronter les procédures nationales aux réalités rencontrées sur le terrain. L’objectif est également de favoriser l’émergence d’un réseau de praticiens capables de maintenir les échanges au-delà de la session.
Une réponse pour la paix durable
Pour Anselme Yabouri, directeur de l’UNREC, le renforcement des capacités nationales constitue un investissement en faveur d’une paix durable. La circulation clandestine des armes, rappelle-t-il, appelle des réponses coordonnées, fondées sur la coopération régionale, la confiance et l’application effective des engagements internationaux. Accueillant ce rendez-vous de trois (03) jours, le CPADD, par la voix de son Commandant, Jean-Eudes Bujadoux, a salué la qualité du partenariat avec l’UNREC qui permet d’appuyer les Etats en matière de paix et sécurité. Même son de cloche du côté du Représentant du Représentant Résident des Nations Unies, Ousmane Niang.
Le constat est partagé par les acteurs béninois. « La circulation illicite des armes est souvent le symbole de vulnérabilités plus profondes, faiblesse de certains mécanismes de gouvernance, porosité des frontières, conflits locaux, marginalisation de certaines communautés, insuffisance des mécanismes de prévention et difficulté d’accès aux institutions », va relever le Directeur général de la Division du matériel des Armées, représentant le gouvernement, le Colonel Coovi Théophile Gbeto. Il poursuit en indiquant : « C’est pourquoi la réponse doit être globale. Elle doit associer prévention des conflits, gouvernance, contrôle des frontières, coopération judiciaire et policière, gestion des stocks, marquage et traçage des armes, désarmement, sensibilisation des communautés et renforcement des institutions nationales. Le Bénin est pleinement engagé dans cette dynamique ». La session de Ouidah entend ainsi inscrire rapprocher les pratiques, renforcer les institutions et créer des passerelles entre professionnels africains pour un meilleur contrôle des armes légères et de petit calibre.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

