L’économie de l’Uemoa devrait poursuivre sa progression. Si les perspectives demeurent favorables, les indicateurs conjoncturels d’avril révèlent toutefois un essoufflement de la production industrielle et du commerce, contrastant avec un climat des affaires toujours orienté positivement.
Malgré des indicateurs mensuels moins favorables en avril, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) maintient des perspectives de croissance solides pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon sa Note de conjoncture économique de juin 2026, le produit intérieur brut (Pib) réel progresserait de 6,2 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, après 6,1 % au premier trimestre. L’acquis de croissance, qui mesure le rythme minimal de progression de l’activité si celle-ci restait stable jusqu’à la fin de l’année, ressort à 4,1 % au premier trimestre.
Cette dynamique reposerait sur le renforcement de la demande intérieure et les performances attendues de plusieurs branches d’activité, notamment l’agriculture vivrière, les industries manufacturières, le commerce, les services non marchands, la pêche et l’élevage. Les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de l’enquête de conjoncture de la Bceao anticipent d’ailleurs une amélioration de l’activité au cours des prochains mois, confortant ces perspectives.
Confiance des entreprises
À fin avril 2026, l’indice global du climat des affaires dans l’Union s’est établi à 0,7 point au-dessus de sa moyenne de long terme, un niveau identique à celui observé en mars. Cette stabilité traduit un environnement des affaires globalement favorable, même si les évolutions demeurent contrastées selon les secteurs.
Les services marchands non financiers enregistrent la progression la plus marquée, avec une hausse mensuelle de 17,5 %, après un recul de 7,0 % en mars. Les services financiers poursuivent également leur amélioration (+0,9 %, après +0,3 %).
Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (Btp), les chefs d’entreprise font état d’une poursuite de l’amélioration de l’activité à l’échelle de l’Union. L’écart de l’indice d’activité par rapport à sa moyenne de long terme atteint 4,9 points, un niveau stable d’un mois à l’autre. Cette évolution est principalement portée par le Bénin (+26,2 points), le Sénégal (+23,4 points), le Burkina (+15,0 points), la Côte d’Ivoire (+9,0 points) et la Guinée-Bissau (+7,9 points). À l’inverse, l’activité recule au Mali (-41,7 points), au Niger (-21,8 points) et au Togo (-6,1 points).
Ces résultats mettent en évidence un décalage entre la confiance affichée par les entreprises et certains indicateurs d’activité à court terme, notamment dans l’industrie et le commerce.
Repli marqué de l’industrie et du commerce
En rythme mensuel, l’indice de la production industrielle, corrigé des variations saisonnières, s’est contracté de 6,4 % en avril 2026, après une progression de 5,3 % le mois précédent. Ce recul s’explique principalement par la baisse des activités de fabrication (-4,1 points), des activités extractives (-2,0 points) ainsi que de la production et de la distribution d’électricité et de gaz (-0,3 point).
Le chiffre d’affaires du commerce a connu une évolution comparable, avec un repli de 5,4 % en avril, après une hausse de 2,2 % en mars. Cette contraction est principalement imputable au recul du commerce de détail (-3,3 points), du commerce de gros et des activités des intermédiaires (-2,0 points), ainsi que, dans une moindre mesure, du commerce et de la réparation d’automobiles et de motocycles (-0,2 point).
Tendances de fond positives
Ces replis mensuels ne remettent toutefois pas en cause la dynamique observée sur une période plus longue. En glissement annuel, la production industrielle affiche une progression de 6,9 % en avril 2026, après 8,9 % en mars, grâce principalement aux activités de fabrication (+4,3 points) et aux activités extractives (+2,2 points).
Le chiffre d’affaires du commerce progresse également de 4,7 % sur un an, après 4,6 % en mars, sous l’effet notamment de la bonne tenue du commerce de détail (+4,4 points).
Du côté des services, les activités marchandes non financières enregistrent une hausse annuelle de 2,4 %, après 4,6 % en mars. Les progressions les plus importantes sont observées au Mali (+10,8 %), au Niger (+6,2 %) et en Côte d’Ivoire (+5,9 %).
Les services financiers conservent, pour leur part, une dynamique particulièrement soutenue, avec une croissance annuelle de 14,6 %. À l’exception de la Guinée-Bissau (+8,9 %), l’ensemble des pays de l’Union affiche des progressions proches de 15 %, illustrant la vigueur persistante de ce secteur.
Selon la Bceao, les perspectives économiques de l’Union demeurent favorables. Elles restent néanmoins tributaires de l’évolution de la conjoncture internationale, de la situation sociopolitique et sécuritaire dans les États membres, ainsi que des conditions climatiques. Dans ce contexte, la Banque centrale table sur une croissance de 6,2 % au deuxième trimestre 2026.
Par Aké MIDA

