Le Bénin progresse dans la modernisation de son système statistique et dans la connaissance de son économie. À travers un communiqué publié la semaine écoulée (Juin 2026), l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) a officialisé le changement de l’année de base des comptes nationaux, conformément aux recommandations du Système de Comptabilité Nationale 2008 des Nations Unies. Il se dégage de cette révision un progrès notable de l’économie. Les travaux ont bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, AFRISTAT, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement (BAD), la GIZ, la Commission de la CEDEAO et celle de l’UEMOA.
Fin des travaux de révision de l’année de base des comptes nationaux du Bénin. Désormais fixée à 2023 au lieu de 2015, cette nouvelle base permet une meilleure mesure de la réalité économique du pays. Le Produit intérieur brut (PIB) de 2023 est réévalué à 14 020,2 milliards de FCFA, contre 11 200,7 milliards de FCFA auparavant, soit une hausse de 25,2 %. Une évolution qui traduit davantage l’amélioration des outils statistiques que la création soudaine de richesses, mais qui confirme aussi les profondes mutations enregistrées par l’économie béninoise ces dernières années. Appelée « rebasage », l’opération consiste à actualiser les références utilisées pour mesurer l’activité économique afin de mieux prendre en compte les transformations intervenues dans le tissu productif national. Selon l’INStaD, l’année 2023 a été retenue en raison de sa stabilité relative et de la disponibilité d’importantes données statistiques collectées entre 2019 et 2023. L’un des principaux enseignements de ce rebasage est la réévaluation du PIB béninois pour l’année 2023 à 14 020,2 milliards de FCFA contre 11 200,7 milliards de FCFA selon l’ancienne base, soit une augmentation de 25,2 %.
Toutefois, l’INStaD a souligné que cette progression ne correspond pas à une création soudaine de richesse. Elle traduit une amélioration de la couverture statistique et une meilleure prise en compte des activités économiques réelles. L’analyse sectorielle montre que cette évolution est portée par l’ensemble des secteurs de l’économie, avec une contribution particulièrement marquée du secteur secondaire, dont la valeur est réévaluée de 56,1 %. Du côté de la demande, la Formation brute de capital fixe (FBCF), qui mesure les investissements réalisés dans l’économie, enregistre une hausse de 36,6 %, reflétant une meilleure prise en compte des investissements dans les infrastructures, les constructions et les équipements productifs.
Reflet d’une transformation économique réelle
Au-delà des considérations statistiques, cette révision met également en lumière les profondes transformations qu’a connues l’économie béninoise au cours de la dernière décennie. Les réformes engagées dans les domaines des infrastructures, de la modernisation administrative, de la gouvernance économique, de l’attractivité des investissements et de la transformation structurelle de l’économie ont progressivement redessiné le paysage économique national. Le développement du Port de Cotonou, la modernisation du réseau routier, les investissements dans l’énergie, l’essor du numérique, les réformes fiscales ainsi que les efforts en faveur de l’industrialisation et de la valorisation des productions agricoles constituent autant de facteurs qui contribuent aujourd’hui à renforcer la résilience et la compétitivité de l’économie béninoise. Le rebasage des comptes nationaux apparaît ainsi comme une photographie plus fidèle de cette réalité économique en mutation.
Il confirme ce que de nombreux observateurs, institutions financières internationales et partenaires au développement reconnaissent déjà : le Bénin avance et s’affirme progressivement comme l’une des économies les plus dynamiques de la sous-région ouest-africaine. Cette nouvelle étape constitue un signal encourageant pour les investisseurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que pour les acteurs économiques nationaux. Elle rappelle surtout que les performances économiques doivent continuer à s’accompagner d’une amélioration tangible des conditions de vie des populations.
Le constat est aujourd’hui unanime que la gestion économique conduite au cours des dix dernières années a profondément transformé l’économie béninoise et renforcé les ambitions de développement du pays. Il importe désormais de maintenir ce cap, de consolider les acquis et d’accélérer les réformes afin que la croissance observée se traduise davantage par un développement intégral du pays et une prospérité véritablement partagée par tous les Béninois.



