En visite de travail en France, le président béninois Romuald Wadagni a obtenu de nouveaux engagements financiers en faveur du développement du Bénin. Deux conventions de financement ont été signées avec l’Agence française de développement (AFD), auxquelles s’ajoute une lettre de mandat conclue avec Bpifrance. L’ensemble représente 65,5 milliards de francs CFA, soit près de 100 millions d’euros.
Les accords ont été signés ce lundi 5 octobre 2026 à Paris par le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, en marge de la rencontre entre le président béninois et son homologue français, Emmanuel Macron.
Ces financements ciblent trois secteurs prioritaires : l’accès à l’électricité, le développement des filières agricoles et piscicoles, ainsi que le renforcement des capacités nationales en matière d’expertise médico-légale.
Plus de 120 000 branchements électriques
Le volet le plus important concerne l’extension du réseau électrique. Dans le cadre du projet PEDER+, le Bénin mobilise 52,1 milliards de francs CFA pour poursuivre le développement du réseau de distribution de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE).
Ce financement comprend un prêt de 32,8 milliards de francs CFA accordé par l’AFD et un don de 19,3 milliards de francs CFA de l’Union européenne. Le projet devrait permettre la réalisation de plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités réparties sur 15 communes des départements du Mono, du Couffo et du Borgou.
Les communes bénéficiaires sont Athiémé, Bopa, Comè, Grand-Popo, Houéyogbé, Lokossa, Aplahoué, Djakotomey, Dogbo, Klouékanmè, Lalo, Toviklin, N’Dali, Parakou et Tchaourou.
Au-delà de l’augmentation du nombre d’abonnés, le projet vise à améliorer la qualité de la fourniture d’électricité, à réduire les disparités territoriales et à limiter les pertes enregistrées sur le réseau. Il doit ainsi contribuer à renforcer l’équilibre financier et la viabilité de la SBEE.
Près de 10 milliards pour l’agriculture
Le secteur agricole bénéficie également d’un appui financier de 9,8 milliards de francs CFA. Sur ce montant, 6,6 milliards sont destinés au développement de la filière piscicole dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga.
Il s’agit de Banikoara, Gogounou, Kandi, Kérou, Kouandé, Péhunco, Bassila, Copargo, Djougou et Ouaké. Le financement couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production d’alevins à la commercialisation du poisson.
L’objectif est d’accroître la production nationale, d’améliorer la qualité des produits et de bâtir une filière piscicole plus compétitive.
Un financement complémentaire de 3,3 milliards de francs CFA est prévu pour soutenir les investissements agricoles productifs dans les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse. Ces interventions concerneront 16 communes situées dans les départements du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou.
Vers un laboratoire national d’expertise ADN
Le troisième volet porte sur la santé et la justice. La lettre de mandat signée avec Bpifrance ouvre la voie aux négociations en vue du financement de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM).
Le projet sera mis en œuvre avec l’appui du Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux et bénéficiera de la garantie de Bpifrance Assurance Export. Il prévoit la création, au Bénin, d’un laboratoire national d’expertise ADN capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an.
L’infrastructure devra également engager une procédure d’accréditation internationale selon la norme ISO/IEC 17025. Plus de 500 professionnels devraient être formés dans ce domaine, tandis que la création d’une filière universitaire spécialisée est envisagée pour assurer le développement durable de cette compétence nationale.
Des projets à fort impact territorial
À travers ces engagements, le gouvernement béninois entend renforcer l’accès des populations aux services essentiels, notamment dans les zones rurales. L’extension du réseau électrique, la modernisation des filières agricoles et piscicoles ainsi que la création d’une capacité nationale d’expertise génétique devraient contribuer à réduire les inégalités entre les territoires.
Ces investissements sont également appelés à stimuler l’activité économique locale, à créer de nouvelles opportunités d’emploi et à soutenir le développement de plusieurs pôles territoriaux.
La mise en place du laboratoire national d’expertise ADN représente, pour sa part, une avancée majeure pour le système judiciaire et scientifique béninois. Jusqu’à présent, certaines analyses génétiques à valeur probante devaient être réalisées à l’étranger. Leur traitement sur le territoire national devrait réduire les délais et les coûts, tout en limitant la dépendance à l’expertise extérieure.
Cette nouvelle infrastructure pourrait notamment être mobilisée dans les enquêtes judiciaires, l’identification des victimes, l’établissement de filiations et les procédures nécessitant une expertise génétique.


