La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté, le 22 juillet 2026 à Dakar, son Rapport annuel au titre de l’année 2025. L’institution y fait le point de l’économie régionale portée par une croissance dynamique, une inflation maîtrisée, un assainissement des finances publiques et une amélioration des comptes extérieurs.
En dépit des incertitudes internationales, les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont poursuivi leur dynamique en 2025. C’est le principal enseignement du Rapport annuel présenté à Dakar par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui met en relief une amélioration simultanée de plusieurs indicateurs macroéconomiques.
Selon l’institut d’émission, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Union a progressé de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par la vigueur des activités commerciales, la bonne performance du secteur des services ainsi que le renforcement des productions minières, pétrolières et gazières. << L’Union a fait preuve d’une remarquable résilience, portée par la consolidation de ses principaux équilibres macroéconomiques. Pour sa part, la Bceao est demeurée pleinement mobilisée autour de ses missions fondamentales à savoir préserver la stabilité monétaire et financière », s’est félicité le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou.
Autre fait marquant, l’inflation moyenne annuelle est revenue à 0 %, après 3,5 % en 2024. Une évolution qui reflète l’amélioration de l’offre alimentaire, facilitée par une hausse de 7,7 % de la production céréalière au cours de la campagne agricole 2025-2026. Ce résultat, selon l’étude de la Banque Centrale, s’explique également par le repli des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques ainsi que par les mesures mises en œuvre dans plusieurs États membres pour soutenir la sécurité alimentaire et énergétique des ménages.
Des finances publiques en amélioration
Le rapport fait également état de la consolidation des finances publiques au sein de l’Union. Les recettes budgétaires ont progressé plus rapidement que les dépenses. Ce qui a permis une réduction du déficit global. À fin décembre 2025, les recettes budgétaires des États membres se sont établies à 25 396,5 milliards de FCFA, en hausse de 13,3 % par rapport à 2024. Cette progression est principalement portée par les recettes fiscales, qui ont atteint 22 160,5 milliards de FCFA, soit une augmentation de 13,7 %.
La BCEAO attribue cette évolution à la poursuite des réformes engagées par les administrations fiscales et douanières afin d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures, dans un contexte de croissance économique soutenue. Les recettes fiscales représentent désormais 14,9 % du PIB, contre 14,4 % un an auparavant.
Les dons enregistrés par les États membres affichent également une progression de 28,1 %, portant l’ensemble des recettes budgétaires et dons à 26 629,9 milliards de FCFA, soit 17,9 % du PIB.
Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté à un rythme plus modéré. Les dépenses totales et prêts nets atteignent 32 189,9 milliards de FCFA, en progression de 5 %. Cette évolution résulte principalement de la hausse des dépenses courantes, alimentée notamment par l’augmentation des charges d’intérêts sur la dette publique (+12,9 %) et de la masse salariale (+7,2 %), tandis que les dépenses d’investissement sont restées pratiquement stables.
Cette évolution des recettes et des dépenses a permis de réduire le déficit budgétaire global, qui est passé de 7 288,1 milliards de FCFA en 2024 à 5 559,9 milliards en 2025, soit une baisse de 23,7 %. Rapporté au PIB, il ressort à 3,7 %, contre 5,4 % un an auparavant.
Amélioration des échanges extérieurs
Les comptes extérieurs de l’Union affichent également une amélioration. Selon la BCEAO, la consolidation observée depuis 2024 s’est poursuivie grâce à la montée en puissance des exportations de pétrole et de gaz, à une amélioration des termes de l’échange de 35,1 % ainsi qu’au recours de certains États membres aux marchés internationaux des capitaux.
Le solde global de la balance des paiements est ainsi ressorti excédentaire à 7 012,6 milliards de FCFA en 2025, contre 3 012,7 milliards un an auparavant. Parallèlement, le déficit du compte des transactions courantes a diminué pour s’établir à 2 % du PIB, contre 5,7 % en 2024. Ces résultats du Rapport annuel 2025, s’il est encore nécessaire de le rappeler, montrent une économie régionale qui continue de se renforcer.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

