Après l’achèvement des études techniques réalisées dans le cadre de la phase 2, le Bénin entre dans une nouvelle étape de la modernisation du corridor Abidjan-Lagos. La phase 3 du projet, consacrée au dédoublement de la section Ouidah-Hillacondji, amorce sa mise en œuvre avec le lancement des procédures d’acquisition des travaux et des prestations de contrôle.
Le gouvernement béninois accélère la transformation de l’un des axes routiers les plus stratégiques de l’Afrique de l’Ouest. La phase 3 du Projet de modernisation de la route Lomé-Cotonou porte sur le dédoublement de la section Ouidah-Hillacondji, longue de 57,1 kilomètres, qui constitue un maillon essentiel du corridor Abidjan-Lagos au Bénin. Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité des acquis de la phase 2, dont les études routières relatives au dédoublement de la route Ouidah-Hillacondji et à l’aménagement de la route Adjaha-Athiémé ont déjà été achevées.
Selon le plan de passation des marchés approuvé début juin 2026, les premières opérations concernent le lot T-01, couvrant la section Comé-Grand-Popo sur 18,5 kilomètres, avec la rénovation, l’agrandissement et la modernisation du poste de péage et de pesage de Grand-Popo. Ce marché de travaux, soumis à appel d’offres ouvert avec examen préalable de la Banque africaine de développement (Bad), partenaire financier du projet, est inscrit au plan à hauteur de plus de 102,9 millions d’unités de compte (Uc), soit environ 80,5 milliards F Cfa.
Parallèlement, deux marchés de prestations intellectuelles sont prévus, tous deux soumis à une sélection fondée sur la qualité et le coût : le contrôle et la surveillance des travaux, évalué à environ 3,26 millions Uc (près de 2,6 milliards F Cfa), et le suivi-évaluation des impacts socio-économiques du projet, incluant le déploiement du dispositif Rasme, estimé à 332 411 Uc (environ 260 millions F Cfa).
Des acquis déjà visibles
Cette phase intervient alors que les résultats de la précédente sont déjà perceptibles à l’échelle régionale. Dans son rapport de supervision de novembre 2025, la Bad souligne que les principaux produits du projet sont désormais visibles et que leurs effets sont perceptibles. Le taux d’exécution physique des activités est estimé à 80,60 % au Bénin.
Du côté béninois, les études routières sont achevées et les capacités des services du ministère en charge des transports ont été renforcées grâce à des équipements informatiques, du mobilier de bureau et des systèmes de connexion internet.
Au Togo, l’aménagement en 2×2 voies de la section Avépozo-Aného, longue de 30 kilomètres, est quasiment achevé. La formation de 411 jeunes hommes et femmes aux métiers du Bâtiment et des Travaux Publics a par ailleurs été menée à terme, et plusieurs infrastructures socio-économiques mises en service : deux lycées, deux centres de santé, un centre multifonctionnel pour jeunes et des hangars de vente dans deux marchés.
La mise en service des postes de contrôle juxtaposés de Hillacondji – Sanvée Condji a également contribué à fluidifier les échanges sur le corridor. La Bad relève une réduction significative du temps de parcours entre Lomé et Cotonou : l’indicateur est passé de 11 heures en référence à 6 heures, pour une cible finale de 5 heures, et une forte diminution du temps de transit à la frontière entre le Bénin et le Togo, désormais ramené à 0,95 heure contre 7 heures initialement, soit une performance supérieure à la cible de 3 heures fixée par le projet.
Un projet à portée régionale
Le dédoublement de la route Ouidah-Hillacondji s’inscrit dans la dynamique du corridor Abidjan-Lagos, un axe d’environ 1 028 kilomètres reliant la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. Considéré comme l’un des projets d’intégration régionale les plus structurants du continent, il vise à améliorer la compétitivité logistique, à réduire les coûts de transport et à faciliter les échanges commerciaux entre les pays riverains du golfe de Guinée.
Malgré les retards enregistrés dans certaines acquisitions et procédures administratives, notamment le retard dans la délivrance par l’Agence béninoise de l’environnement des certificats de conformité environnementale pour les études d’impact du projet, la Bad estime que le projet demeure sur une trajectoire favorable pour atteindre ses objectifs de développement.
À terme, la modernisation complète de cet axe devrait renforcer l’intégration régionale, améliorer durablement la mobilité des personnes et des biens et accroître la résilience des infrastructures côtières face aux effets du changement climatique.
Par Aké MIDA

