La Représentation de la Banque mondiale au Bénin a mobilisé un large public de femmes du secteur public et privé ainsi que les médias, à qui elle a présenté le rapport Women, Business and Law (WBL) 2026. La situation au niveau mondial, africain et au Bénin a été présentée à travers trois critères, assortis de progrès notables au Bénin. C’était en présence de la Représentante résidente de la Banque mondiale pour le Bénin, Karine Bachongy, de la Secrétaire générale adjointe du ministère de l’Économie et des Finances, Awaou Baco, du DG de l’Agence de développement des PME (ADPME) et de la DG de MTN.
Le rapport présenté au public par Lolita L’Aperle Forget s’appuie sur trois critères principaux, à savoir : le cadre juridique, le cadre d’appui qui regroupe les différentes politiques institutionnelles et enfin la perception de l’application des lois, basée sur des enquêtes et avis d’experts. Évaluée au niveau mondial pour l’édition 2026 du rapport WBL, la Banque mondiale a noté une performance de 67 % pour le cadre juridique, 47 % pour le cadre d’appui puis 53 % quant à la perception des experts.
Au niveau national comme sous-régional, le Bénin s’est particulièrement distingué avec des performances remarquables. Ainsi, pour le cadre juridique, le pays a obtenu un score de 67,6 %, au-dessus de la moyenne mondiale. Pour le cadre d’appui et la perception des experts, le pays cumule respectivement 41,1 % et 48,6 %. Comparé au contexte sous-régional (UEMOA), le Bénin s’impose 3ᵉ pour le cadre juridique ainsi que pour la perception des experts, puis 2ᵉ pour ce qui est du cadre d’appui. Selon la présentatrice, le Bénin a dépassé la moyenne régionale dans tous les domaines évalués.
Toutefois, le pays a encore des défis à relever en matière de sécurité et de mobilité. En plus, le cadre juridique peut être renforcé avec la mise en place de nouveaux mécanismes. Selon la présentatrice, « le renforcement ciblé des politiques publiques permettrait de mieux traduire les avancées juridiques existantes en avantages pour les femmes et leur participation à l’économie ». Sur les axes de la garde d’enfants et de la sécurité, le pays doit également mieux faire, quoique des efforts soient consentis depuis quelque temps.
Ce rapport, souligne L. Laperle Forget, offre un outil de diagnostic opérationnel où le renforcement de la mise en œuvre peut générer plus d’impacts. En analysant l’axe juridique, l’égalité juridique n’est pas seulement un objectif d’équité. C’est réellement un investissement stratégique pour l’équité, la croissance et une prospérité partagée.

La Secrétaire générale adjointe du ministère de l’Économie et des Finances, responsable du groupe de travail, Awaou Baco, a souligné que le Bénin a entrepris des actions sur la garde d’enfants, l’entrepreneuriat et le travail des femmes. D’autres réformes sont également en cours et seront intégrées lors de la relecture du code pour l’amélioration du score du Bénin.
Dans cette dynamique, le Bénin a déjà mis en place plusieurs programmes, notamment le programme WEDAF, qui s’adresse spécifiquement aux femmes entrepreneures et qui a été présenté à cette occasion par le DG de l’ADPME, Laurent Gangbès. Cette présentation a été suivie d’une session d’échanges entre les femmes.

La Représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin, Karine Bachongy, témoigne : « Partout au Bénin, les femmes contribuent activement à la transformation de l’économie : elles créent des entreprises, génèrent des emplois et renforcent leurs communautés. Leur dynamisme entrepreneurial est indéniable (…) l’égalité du genre et la participation économique des femmes sont au cœur de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale à travers le monde et en particulier au Bénin ». À preuve, la Banque appuie et accompagne de nombreux projets et programmes à cet effet, ainsi que sa filiale, la Société financière internationale (SFI).
La représentante résidente a tenu à rappeler les objectifs de cette session de présentation. À l’en croire, « la session d’aujourd’hui poursuit deux objectifs. D’une part, partager les progrès réalisés par le Bénin dans le rapport Women, Business and Law de la Banque mondiale. D’autre part, présenter les opportunités offertes par le projet de développement de l’entrepreneuriat féminin et d’accès au financement (WEDAF), récemment approuvé par la Banque mondiale ». Elle a souhaité que cette session soit un véritable espace de dialogue, notamment à travers un panel sur le thème « Entrepreneuriat féminin et accès au financement » avec la participation de Bertille Marcos Guèdègbé, Directrice générale des Fruits Tillou, Greta Luce Gangbo, promotrice d’une maison de mode, et Johanne Bruffaerts, DG de Epitech Bénin.
Les panélistes ont partagé avec leurs pairs leurs expériences en entrepreneuriat et dans l’accès au financement, ainsi que des astuces pour mieux réussir. C’était également l’occasion pour Martine do Régo de présenter aux femmes les nombreuses possibilités d’accompagnement qu’offrent les banques et de les rassurer quant aux flexibilités susceptibles d’offrir à chacune une solution adaptée. « On a des solutions pour tous », a-t-elle rassuré.
Uche Ofodile, Directrice générale de MTN Bénin, présente à la rencontre, est également intervenue pour saluer la résilience des femmes face aux difficultés du secteur entrepreneurial.
Par Bidossessi WANOU

