Directeur de cabinet du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jacques Aguia Daho était récemment l’invité d’un média de la place. À cette occasion, il a passé en revue les retombées socio-économiques de la précédente édition des Vodun Days, s’appuyant sur les données produites par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD), qu’il qualifie d’« assez édifiantes ».
Selon les résultats de cette étude, l’événement a généré une activité économique exceptionnelle à Ouidah et dans plusieurs autres localités. « On s’est rendu compte que les commerçants, les exposants, les restaurateurs, ont réalisé, en trois jours, des chiffres d’affaires que certains font habituellement en une année », a-t-il indiqué.
Le transport, l’hébergement, la restauration ainsi que la vente d’objets d’art ont enregistré une belle performance, confirmant l’effet d’entraînement du tourisme culturel.
L’étude révèle par ailleurs que près de 70 % des unités économiques de la ville de Ouidah ont connu une augmentation moyenne de 25 à 26 % de leur chiffre d’affaires durant l’événement. Pour l’édition 2025, plus de 435 000 participants, répartis sur trois jours, ont été enregistrés selon l’INStaD. Des chiffres qui nourrissent de grandes ambitions pour les prochaines éditions, dont les perspectives s’annoncent bien au-delà de ces résultats déjà impressionnants.
Création d’emplois et structuration progressive d’un marché
Au-delà des revenus générés, les Vodun Days ont également un impact direct sur l’emploi local. « Près de 24 % des unités économiques enquêtées ont créé de nouveaux emplois », a précisé Jacques Aguia Daho, soulignant que ces données proviennent d’un échantillon représentatif. Ces revenus additionnels, explique-t-il, sont souvent réinvestis dans d’autres activités, contribuant ainsi à la consolidation du tissu économique local.
Pour le directeur de cabinet, l’événement dépasse désormais le simple cadre festif. « Des acteurs trouvent leur place, s’insèrent dans le tissu professionnel et développent progressivement de nouveaux business. Un marché est en train de se structurer, avec de véritables créneaux porteurs », observe-t-il.
Le secteur du transport enregistre également une hausse notable de son chiffre d’affaires. Porté par l’afflux touristique, le transport aérien connaît une bonification de la vente de billets, tandis que le transport urbain et interurbain profite pleinement de la mobilité accrue des visiteurs.
Effervescence au marché des animaux
L’économie des Vodun Days se ressent aussi dans les marchés de bétail. Cette célébration, marquée par des libations en l’honneur des divinités et des esprits, entraîne une forte demande d’animaux destinés aux rites vodun. Dans plusieurs villes du pays, les marchés connaissent une affluence particulière, parfois accompagnée d’une flambée des prix. Conscients de l’importance rituelle des bêtes, certains vendeurs pratiquent l’enchère. Des animaux vendus entre 15 000 et 20 000 FCFA avant les fêtes ont atteint 25 000 FCFA, voire davantage.
« Ils savent que c’est utile pour nous et ils en profitent. Il y a un ou deux mois, ce mouton ne coûterait pas plus de 12 000 FCFA », a déploré Hounnon Anagoko, dignitaire du culte Thron. Ces différents indicateurs confirment que les Vodun Days s’imposent progressivement comme un moteur économique majeur, conjuguant valorisation culturelle, attractivité touristique et retombées concrètes pour les populations locales.
Par Falco VIGNON

