Le total des bilans des établissements de crédit a augmenté de 10,1 %, atteignant 78.853,6 milliards de FCFA à l’exercice clos 2025 selon la BCEAO in « RAPPORT ANNUEL 2025 » publié le 22 Juillet 2026 à Dakar au Sénégal. L’activité bancaire dans l’Union sur la période a été portée par la hausse des dépôts, le renforcement des fonds propres et la progression des investissements.
Malgré une légère dégradation de la qualité du portefeuille de crédits, le secteur conserve des niveaux de solvabilité jugés satisfaisants. L’année 2025 confirme en effet la solidité du système bancaire de l’Union. À la fin du mois de décembre, le total des bilans des établissements de crédit s’est établi à 78.853,6 milliards de FCFA, en hausse de 10,1 % par rapport à l’exercice précédent. Cette progression s’inscrit dans un contexte marqué par une consolidation des ressources et des emplois du secteur bancaire, qui ont respectivement progressé de 14,8 % et de 9,0 % sur un an. Les ressources bancaires ont atteint 67.313,3 milliards de FCFA, soutenues principalement par la progression des dépôts de la clientèle et des emprunts, qui représentent plus de quatre cinquièmes du total. Les fonds propres nets ont également contribué à cette dynamique, renforçant la capacité des établissements à absorber les chocs économiques et financiers. Du côté des emplois, l’encours global s’élève désormais à 70.157,6 milliards de FCFA. Cette évolution résulte notamment de la hausse des crédits accordés aux entreprises et aux ménages, ainsi que du développement du portefeuille de titres détenus par les banques. Les crédits à la clientèle demeurent la principale composante des emplois, représentant plus de la moitié des engagements du secteur.
Une activité dynamique, mais des risques à surveiller
Malgré cette expansion, certains indicateurs appellent à la vigilance. La qualité du portefeuille de crédits s’est légèrement détériorée au cours de l’année. Le taux brut de dégradation est passé de 8,5 % à 9,1 %, sous l’effet d’une augmentation des créances en souffrance. Le taux net de dégradation a également progressé pour atteindre 3,9 %. Parallèlement, la situation de trésorerie des établissements de crédit, bien qu’encore déficitaire, s’est sensiblement améliorée. Le déficit a reculé de plus de 50 % sur un an, passant de 5.720,8 milliards à 2.844,3 milliards de FCFA.
Cette amélioration demeure toutefois liée au recours continu des banques aux mécanismes de refinancement de la Banque centrale. Sur le plan prudentiel, le secteur bancaire affiche une résilience remarquable. Le ratio moyen de solvabilité s’établit à 14,7 %, largement au-dessus du seuil réglementaire fixé à 11,5 %. Cette performance traduit la capacité des banques à faire face aux incertitudes économiques et aux vulnérabilités qui persistent dans l’espace communautaire.
Les perspectives restent encourageantes pour les prochaines années, avec l’entrée en activité de nouveaux établissements bancaires, le relèvement du capital social minimum exigé et l’application progressive des nouvelles dispositions réglementaires. Dans le secteur de la microfinance, la croissance s’est également poursuivie. À la fin de l’année 2025, les 524 institutions agréées de l’Union desservaient plus de 20 millions de clients à travers près de 4.840 points de service. Les dépôts et les crédits ont enregistré des hausses respectives de 13,6 % et de 9,0 %.
Toutefois, la fragilité de la qualité du portefeuille demeure une préoccupation majeure. Le taux brut de dégradation des crédits atteint 7,5 %, soit largement au-dessus de la norme communautaire fixée à 3 %. Face à cette situation, les enjeux liés à la gouvernance, au contrôle interne et au renforcement des mécanismes de gestion des risques apparaissent plus que jamais déterminants pour garantir la stabilité et la crédibilité du secteur financier régional.
Par B.W.

