Passées deux (02) éditions sur diverses thématiques, la « Conférence sur le développement inclusif » a enregistré, mercredi 14 octobre 2026, sa 3ème édition. Avec pour conférencier Olivier Noukpokinnou, initiateur dudit rendez-vous, cette conférence a été l’occasion de passer en revue les tares que continuent de fragiliser la solidarité nationale et freinent le développement. Pour promouvoir une citoyenneté responsable, il préconise quatre mécanismes institutionnels axés sur l’engagement civique, la participation citoyenne, l’intégrité et l’épanouissement de la jeunesse.
Sylvestre TCHOMAKOU
Au-delà des discours sur le développement, les comportements individuels pèsent sur la qualité de la vie collective. Détournements, favoritisme, abus de pouvoir et petites pratiques frauduleuses alimentent la méfiance et pénalisent les populations. C’est autour de cette réalité qu’Olivier Noukpokinnou a articulé la troisième édition de la Conférence publique sur le développement inclusif, avec pour thème : « Quelle citoyenneté pour un Bénin, mon du splendeurs ? ».
À travers une présentation structurée autour de douze points, en référence aux douze départements du Bénin, le conférencier a décrit un système dans lequel les citoyens les plus vulnérables peuvent devenir les victimes de pratiques abusives exercées par leurs propres compatriotes. Il relève notamment le détournement de bourses scolaires, les commissions informelles dans les marchés publics, les surfacturations, les abus dans les programmes de microcrédit et les irrégularités liées aux frais de mission. Les conflits fonciers, les spoliations d’héritage, la spéculation sur les prix et les entraves à certaines initiatives locales figurent également parmi les situations dénoncées.

Pour Olivier Noukpokinnou, ces comportements compromettent la confiance, limitent les possibilités économiques et affaiblissent la solidarité. Pour cela, « le changement s’impose ! », a-t-il lancé, invitant les Béninois à revoir leur rapport à l’argent et à la responsabilité. « La plus noble compétence, c’est l’intégrité. », se convainc-t-il tout en exhortant les citoyens à s’approprier les trois valeurs exprimées par le Président Romuald Wadagni lors de sa récente sortie, à savoir : « le Travail, la Discipline et l’Ethique ».
Quatre propositions pour agir
Face à ces constats, l’initiateur de la conférence a soumis quatre propositions au gouvernement. La première porte sur la création d’une « Agence de promotion du volontariat et de l’engagement civique », destinée à favoriser le service à la nation et à renforcer l’intégration nationale.
La deuxième vise une « Agence de promotion de la participation citoyenne et du développement de l’économie locale ». Elle aurait notamment pour mission d’encourager l’implication des citoyens dans la gestion publique, de soutenir les initiatives locales et de favoriser les investissements de la diaspora.
Olivier Noukpokinnou propose également une « Unité présidentielle pour la moralisation de la vie publique », chargée de recueillir les plaintes, d’accompagner les victimes et de mener des actions de prévention. Enfin, il plaide pour un « Fonds national de développement de la jeunesse et de l’enfance », alimenté par un mécanisme d’actionnariat des jeunes et orienté vers les infrastructures et les initiatives entrepreneuriales en leur faveur. À travers ces mesures, le conférencier entend faire de la citoyenneté une pratique quotidienne.


