Porter la pression fiscale à 16 % du Pib, maintenir le déficit budgétaire sous le seuil communautaire de 3 % et stabiliser la dette publique autour de 50 % du Pib, tels sont les principaux objectifs que se fixe le Bénin à l’horizon 2029. Le pays entend consolider ses équilibres macroéconomiques et préserver sa crédibilité financière dans un environnement international toujours incertain.
Le Bénin entend renforcer ses marges de manœuvre budgétaires sans compromettre la soutenabilité de ses finances publiques. C’est l’une des principales orientations du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2027-2029, adopté en Conseil des ministres le 3 juin dernier et qui servira de cadre de référence aux politiques budgétaires des prochaines années.
Selon ce document, le gouvernement prévoit de porter progressivement la pression fiscale à 16 % du produit intérieur brut (Pib) d’ici à 2029. Cette progression reposera sur une mobilisation accrue des recettes intérieures, notamment à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement du civisme fiscal ainsi que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.
La période 2027-2029 devrait être marquée par un renforcement des exigences de performance envers les entreprises publiques, dont les résultats nets sont attendus en forte hausse, avec un objectif de 435,7 milliards F Cfa pour les sociétés d’État en 2029.
L’objectif est de permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques en s’appuyant sur ses propres ressources et en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs années pour moderniser l’administration fiscale et améliorer la collecte des recettes.
Parallèlement, le gouvernement entend maintenir le déficit budgétaire global en dessous de 3 % du Pib, conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Cette discipline budgétaire traduit une volonté de consolider la crédibilité financière du pays auprès des partenaires techniques et financiers, des investisseurs et des institutions régionales. Elle reposera sur une meilleure allocation des ressources publiques, une rationalisation des dépenses et une sélection plus rigoureuse des investissements à fort impact économique et social, indique le Dpbep.
Le cap de la maîtrise
Le document projette également un taux d’endettement stable autour de 50 % du Pib. Cette orientation vise à préserver la soutenabilité des finances publiques tout en garantissant le financement des projets structurants nécessaires à la transformation économique du pays.
La stratégie d’endettement privilégiera ainsi la maîtrise des coûts, l’allongement de la maturité des emprunts et la diversification des sources de financement, selon les projections gouvernementales.
Le Dpbep fait également du renforcement de la gouvernance des finances publiques une priorité. Le document insiste notamment sur la transparence budgétaire, la reddition des comptes et la consolidation des mécanismes de contrôle parlementaire. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances ainsi que du Code de transparence dans la gestion des finances publiques adopté en 2015, qui encadrent les principes de bonne gouvernance budgétaire.
La période 2027-2029 devrait également être marquée par une rationalisation des subventions accordées aux entreprises publiques, assortie d’exigences accrues en matière de performance. Les collectivités territoriales bénéficieront, quant à elles, d’une augmentation stratégique des transferts financiers, tout en étant appelées à améliorer leur gestion afin de réduire les disparités régionales et de renforcer l’efficacité des investissements locaux, souligne le Dpbep.
En filigrane, le Bénin cherche à conforter sa réputation de pays à la gestion budgétaire rigoureuse dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés financiers et les incertitudes commerciales. L’enjeu est de disposer de finances publiques suffisamment solides pour accompagner durablement les ambitions de développement du pays, tout en préservant la confiance des citoyens et des partenaires financiers.
Par Aké MIDA

