Le Bénin, dans sa marche vers le développement, s’inspire de plus en plus de modèles ayant réussi dans le monde. La coopération sino-béninoise, dans ses différents domaines d’intervention, en est une parfaite illustration. Il suffit d’examiner les points saillants de ces dernières années pour s’en convaincre.
Par Bidossessi WANOU
Pendant que la Chine fait méthodiquement ses preuves dans le concert des nations développées, elle n’entend pas évoluer en autarcie. Le géant asiatique s’ouvre au monde et entend servir de locomotive aux États qui voient en elle un partenaire capable de les accompagner dans leur développement. La diplomatie chinoise dans le monde, et précisément en Afrique, à travers une série d’initiatives, s’illustre comme une véritable alliée du développement. La Chine se veut tout à tous, pour un monde prospère et un développement harmonieux.
Éducation, culture, économie, réalisation d’infrastructures, science et technologie… chaque axe est soigneusement pris en compte, avec un accent particulier sur le transfert de compétences au service du développement local. Si tous les domaines sont importants, la politique de coopération chinoise dans le secteur éducatif au Bénin traduit une certaine ouverture : se former pour mieux servir ! La Chine ouvre les portes de la science aux jeunes Béninois pour leur permettre, en retour, d’accompagner au mieux la marche du pays vers le développement.
Que faut-il de mieux à une nation en voie de développement que la science et la technologie ? C’est là un axe capital de la coopération sino-béninoise, qui s’appuie sur la stratégie d’émergence de la Chine elle-même. C’est en effet ainsi que la Chine a posé ses bases pour s’affirmer davantage sur la scène internationale.
L’éducation et la formation : l’épine dorsale
Dans un monde moderne, rien n’est possible sans l’éducation et la formation. L’essor de la Chine s’est d’ailleurs appuyé sur ce binôme. Ainsi, à travers la Mission d’éducation chinoise (1872-1881), cent vingt (120) jeunes Chinois ont été envoyés aux États-Unis. À leur retour, ils ont contribué à former les premiers grands ingénieurs, techniciens et scientifiques chinois dans divers domaines, à l’instar de Zhan Tianyou, grand acteur de la construction des chemins de fer, et de beaucoup d’autres. Dans ce sillage, et pour favoriser la formation de cadres aguerris et mieux outillés en technologie, la Chine a développé avec le Bénin un programme de bourses d’excellence.
Dénommé « Bourse d’excellence de la route de la soie », ce programme lancé en 2019 a bénéficié à ce jour à 350 étudiants béninois, pour un montant cumulé de 158 millions de francs CFA. Une série de récompenses, dont des bourses d’études et des formations en master en Chine, est accordée aux lauréats.
En 2023, cette coopération dans l’éducation et la formation des cadres s’est renforcée à la faveur du Forum international sur la transformation et le développement de l’enseignement technique et professionnel, organisé par l’Institut polytechnique de Ningbo. À ce grand rendez-vous, le Bénin et la Chine ont entériné deux accords de partenariat entre l’Institut polytechnique de Ningbo et le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, au profit du Lycée technique d’amitié sino-béninoise d’Akassato, dans le département de l’Atlantique.
Ce lycée se veut une preuve palpable de la vision de la Chine pour le Bénin : former une génération de jeunes aux métiers pratiques pour impulser une transformation économique durable. L’un des principaux avantages de cette formation réside dans le fait qu’au terme de leur cursus, les apprenants sont, pour la plupart, opérationnels et aptes à intégrer une entreprise. Ils sont surtout outillés pour l’auto-emploi et l’entrepreneuriat, autant d’atouts susceptibles de contribuer à la réduction du chômage au Bénin.
C’est également une réponse à un problème récurrent du marché béninois de l’emploi : l’inadéquation entre la formation et l’emploi et le manque de savoir-faire pratique et opérationnel pour accompagner les entreprises.
Atelier Luban : des compétences techniques au service du progrès
Lors de ce rendez-vous de septembre 2023, le projet « Atelier Luban » a connu un coup d’accélérateur. Il promeut des centres de formation professionnelle éponymes, en mémoire de Lu Ban, acteur majeur de l’artisanat et de l’ingénierie, et offre des formations techniques en appui aux économies locales. Ce projet a permis la construction de quatre centres d’essais et d’applications au sein du Lycée technique d’amitié sino-béninoise d’Akassato, afin de développer les compétences techniques dans les spécialités des télécommunications, de l’intelligence artificielle, de la fabrication et de la maintenance industrielles, de l’électromécanique et de l’électronique.
En visite sur le site pendant les travaux, Véronique Tognifodé, alors ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, a témoigné : « À travers ce partenariat, le Bénin se positionne progressivement comme un hub régional de formation technique et technologique, capable d’accueillir et de former non seulement ses propres jeunes, mais aussi ceux de la sous-région ouest-africaine. C’est dire qu’au-delà du Bénin, ce projet favorisera une transformation sociale majeure en Afrique de l’Ouest ».
Le projet va également plus loin avec la construction d’une plateforme pour le développement des compétences dans les métiers du textile, notamment dans le domaine du métier de la mode et du vêtement (MMV). Dans chacun de ces projets, la Chine marque sa présence, de l’érection des infrastructures jusqu’à leur équipement en matériel de travail. Et pour maintenir un environnement de formation attractif, elle est restée aux côtés du Bénin pour assurer l’entretien des installations.
Le lycée d’amitié sino-béninoise d’Akassato bénéficie également de travaux de rénovation financés par la Chine. Les ressources humaines ne sont pas en reste. Des missions de renforcement des compétences et de formation de formateurs béninois sont également appuyées par la Chine. En décembre 2024, des experts chinois ont ainsi contribué à former, pendant un mois, une soixantaine d’enseignants, de formateurs et de personnels administratifs à la programmation en langage Python, aux réseaux informatiques et aux technologies de communication.
L’ouverture est telle que même les établissements privés d’enseignement supérieur sont concernés. A la fin du mois d’août 2026, la Haute école de commerce et de management (HECM) a vu six de ses étudiants s’envoler pour l’Université polytechnique de Shandong, en Chine, dans le cadre d’un programme de mobilité internationale et de double parcours académique. C’est une grande première, qui témoigne de l’opportunité que représente la Chine pour la formation de la jeunesse béninoise.
Dans ces programmes de mobilité, un accent particulier est mis sur le retour des lauréats au pays, une exigence qui permet d’espérer les voir se réinvestir au service du développement national, comme ce fut le cas pour la Chine à ses débuts. Depuis plusieurs années, la Chine a également installé au sein de l’Université d’Abomey-Calavi, la plus grande et la plus ancienne du pays, un Institut Confucius qui, dans un élan de brassage culturel, accompagne plusieurs jeunes Béninois dans l’apprentissage du mandarin.
Autant de projets et d’initiatives qui témoignent de la volonté du Bénin et de la Chine de s’inscrire dans un partenariat gagnant-gagnant, dans lequel des choix inspirés de la modernisation chinoise confortent les ambitions de développement durable et d’autonomisation réelle à long terme.


