Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé ce mardi 16 juin 2026 un nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) pour le Bénin, et approuvé deux financements de l’Association internationale de développement (IDA) totalisant 320 millions de dollars et un accès à l’Allocation de prévention et de résilience (PRA). Ils visent à faciliter l’accès à l’électricité renouvelable, à réduire le retard de croissance et à renforcer la résilience ainsi que la cohésion sociale.
Le nouveau CPF, qui s’étend de 2027 à 2036, appuiera la vision de développement du Bénin en créant davantage d’emplois de qualité autour de trois axes : (i) développer une main-d’œuvre qualifiée, bénéficiant d’une nutrition adéquate et de services de santé de qualité, (ii) élargir l’accès aux infrastructures essentielles, et (iii) encourager la transformation économique pilotée par le secteur privé.
Le premier axe se concentre sur le renforcement du capital humain à travers la nutrition, surtout durant les 2 000 premiers jours de vie, l’éducation et la formation professionnelle afin de doter les Béninois de compétences et de capacité productive nécessaires pour une économie dynamique. Le deuxième axe privilégie le développement d’infrastructures et, facilitant ainsi l’accès à des services favorisant la productivité. Enfin, le troisième axe vise à transformer l’économie grâce à un cadre réglementaire propice à l’activité économique, l’accès au financement des Petites et Moyennes d’entreprises, notamment menée par des femmes, et à la mobilisation des investissements privés, permettant d’accroître la création d’emplois, les revenus des ménages ainsi que de réduire la pauvreté et les disparités régionales.
« Le Bénin a accompli des progrès remarquables au cours de la dernière décennie, mais le défi qui l’attend est encore plus grand : créer suffisamment d’emplois de qualité pour une population active en forte croissance. L’emploi est l’étoile polaire du parcours de développement du Bénin, c’est pourquoi l’alignement entre la vision ALAFIA 2060 du Gouvernement et ce nouveau Cadre de partenariat pays est si puissant. Ensemble, nous voulons renforcer la résilience et accélérer une croissance tirée par le secteur privé afin de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour tous les Béninois », souligne Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo. « Grâce à des investissements transformateurs tels que le Programme multiphase pour la nutrition et le Programme du barrage multifonctions de Dogo Bis, le Groupe de la Banque mondiale passe de la stratégie à la mise en œuvre, transformant l’ambition en emplois, et les emplois en prospérité durable. »
Dans le cadre du CPF, le Bénin bénéficiera d’une allocation de l’IDA de 1,077 milliard de dollars sur la prochaine décennie. À cette enveloppe s’ajouteront des financements de la Société Financière Internationale (IFC) et de l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) pour soutenir le secteur privé. Le Groupe de la Banque mondiale mobilisera différents outils pour renforcer l’impact de ses interventions grâce à des synergies entre ses entités.
« Nous voulons faire du secteur privé le moteur de la transformation économique et de la création d’emplois au Bénin pour la prochaine décennie. Ce nouveau cadre de partenariat va permettre de continuer à renforcer l’environnement des affaires pour une mobilisation plus accrue des investissements privés au profit du pays et des populations », ajoute Nathalie Kouassi Akon, directrice de Division d’IFC pour le Golfe de Guinée.
Concernant la portée concrète des programmes approuvés pour le Bénin, celui de la phase 1 du barrage multifonctions Dogo-Bis est financé pour un montant de 150 millions de dollars, dans le cadre d’une enveloppe globale de 580 millions de dollars. Cette phase prépare la construction du premier barrage hydroélectrique multifonctions à grande échelle du pays sur le fleuve Ouémé, d’une capacité de 128 MW.
Le programme associe production d’énergie renouvelable, irrigation de 17 500 hectares, réduction de 40 % des risques d’inondation et restauration de 14 000 hectares de forêt. La phase 1 bénéficiera directement à 168 000 personnes via l’amélioration des infrastructures de transport, 128 000 via les services sociaux et 20000 via un accès nouveau à l’électricité. Ce programme bénéficiera d’un soutien complémentaire de l’IFC.
Le programme Alafia 1 intitulé « Nourrir le Bénin pour l’avenir », est financé à hauteur de 170 millions de dollars, dont 150 millions de dollars de l’IDA et 20 millions de dollars du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF). Il vise à améliorer l’accès à des services intégrés de nutrition, de santé et de développement de l’enfant, avec un accent particulier sur les femmes, les nouveau-nés, les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes. Le programme renforcera la résilience communautaire et l’alimentation nutritive grâce à l’engagement local et aux partenariats avec le secteur privé facilités par les services conseil de l’IFC. Il convient de noter que le Bénin est le premier nouveau pays à rejoindre le partenariat du GFF dans le cadre de sa stratégie « Cap sur 2030 », portant ainsi à 37 le nombre total de pays partenaires du GFF à ce jour.
Par ailleurs, l’éligibilité du Bénin à l’Allocation de prévention et de résilience (PRA) va aider le pays à surmonter les facteurs de fragilité liés à la gestion des ressources naturelles, aux disparités régionales et à l’emploi. Cette allocation appuiera le Programme de prévention et de résilience (PREP 2024-2029) du gouvernement destiné à renforcer la gouvernance locale, la gestion foncière et des ressources naturelles, l’inclusion économique des jeunes et des femmes, et améliorer la cohésion sociale et la sécurité dans les zones fragiles.

