Réunis au Bénin, les représentants des services du Trésor réfléchissent à l’adaptation des instruments budgétaires et financiers aux défis climatiques. C’est à l’occasion du 17ᵉ colloque annuel de l’Association internationale des services du Trésor (AIST). A ce rendez-vous, l’accent est mis sur le budget vert, la commande publique responsable, la fiscalité environnementale et la traçabilité des dépenses.
Face aux dérèglements climatiques, la pression ne porte plus uniquement sur les politiques environnementales, mais aussi sur les choix budgétaires, les investissements et les mécanismes de financement des États. Conscientes de ces nouvelles donnes, les administrations financières se mobilisent pour préserver la soutenabilité des finances publiques. C’est dans cet espace entre impératif écologique et discipline financière que s’inscrivent les travaux du 17ᵉ colloque de l’AIST (l’Association internationale des services du Trésor) à Cotonou. Ouverte mardi 15 septembre 2026, la rencontre rassemble responsables et experts des services du Trésor autour du thème « Les finances publiques au service de l’impératif environnemental ». Intervenant après deux décennies de coopération entre les membres de l’AIST, ce rendez-vous a été l’occasion pour le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique du Bénin et président en exercice de l’AIST, Oumara Karimou Assouma, de rappeler la trajectoire de l’organisation et l’évolution des administrations financières. Pour le responsable béninois, les transformations auxquelles les administrations ont déjà été confrontées, notamment la digitalisation et l’intelligence artificielle, doivent désormais être prolongées par une meilleure prise en compte des contraintes environnementales. « Face au défi climatique mondial, il ne s’agit plus seulement de mobiliser, de gérer ou de comptabiliser avec rigueur ; il s’agit en plus de garantir la pérennité du monde après nous. », a-t-il soutenu.

L’intégration du climat dans la gestion publique suppose une évolution des outils dont disposent les États. Le colloque doit ainsi permettre d’examiner plusieurs instruments susceptibles d’orienter les ressources publiques vers des investissements et politiques compatibles avec les objectifs environnementaux. Dans son discours d’ouverture, Oumara Karimou Assouma a notamment cité le budget vert, la commande publique responsable, la fiscalité environnementale et la traçabilité parmi les axes de réflexion. Des points d’échange qui placent les services du Trésor au cœur de la transition écologique. Ce nouveau rôle voulu pour les services de trésor n’est pas porté seulement par le Bénin. Pour la Secrétaire Générale de notre Association, Catherine Lemesle, l’AIST a vocation à devenir un acteur de référence sur les questions de finances publiques vertes. Mieux explique-t-elle, « les engagements pris dans le cadre des objectifs de développement durable, de l’Accord de Paris et des conférences internationales ne deviendront concrets que s’ils trouvent une traduction dans les budgets publics, dans les mécanismes de financement et dans les outils de gestion des États ».
Le Bénin attend des solutions applicables

Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Charles Yèhouénou a invité les participants à privilégier des propositions directement exploitables par les administrations. Pour le Gouvernement béninois, les dérèglements climatiques imposent aux Trésors publics d’anticiper les risques et de renforcer la résilience des finances publiques. « Face à la tempête des dérèglements climatiques qui menace les fondements de nos économies, Nos Trésors publics ne doivent ni subir le choc écologique, ni se réfugier dans l’urgence. Ils doivent préparer l’architecture des administrations avant que la crise ne s’impose à nous, et tracer avec autorité la voie d’une finance publique résiliente ! », a insisté Charles Yèhouénou. Le représentant du ministre a surtout appelé les experts à sortir des seules considérations théoriques. « N’ayez aucune retenue dans vos réflexions. Proposez des mécanismes de régulation innovants ! Proposez des outils de budgétisation et de traçabilité d’une précision chirurgicale ! Proposez des indicateurs de performance environnementale de haute facture ! », va-t-il poursuivre. Le Gouvernement béninois attend notamment des propositions sur les mécanismes de régulation, la budgétisation, la traçabilité et les indicateurs de performance environnementale. Au-delà des échanges techniques, le rendez-vous de Cotonou se veut de redynamiser le rôle des administrations financières dans la transition écologique.
Par Sylvestre TCHOMAKOU


