Le Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (CIP-UEMOA) a ouvert, lundi 7 septembre 2026 à l’hôtel Azalaï de Bamako, sa 40ᵉ session extraordinaire. Cinq jours de travaux centrés sur deux dossiers structurants : la gestion des intrants agricoles et l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires dans l’espace communautaire.
Des enjeux vitaux pour les économies rurales
Présidée par le député ivoirien Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, président par intérim du CIP-UEMOA, la cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du premier vice-président du Conseil national de transition (CNT), Hamèye Founè Mahalmadane.
Dans son allocution, ce dernier a rappelé le poids stratégique de l’agriculture et de l’élevage dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. « Ces secteurs contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté des populations rurales dans l’ensemble de nos pays », a-t-il souligné.
Il a toutefois pointé les freins qui entravent encore la dynamique du secteur : accès limité au financement, difficultés d’approvisionnement en intrants de qualité et faiblesse des cadres législatifs et réglementaires nationaux.
Intrants agricoles : une préoccupation croissante
Pour le président par intérim du CIP-UEMOA, la question des intrants agricoles est devenue « de plus en plus préoccupante » ces dernières années. Selon lui, les crises géopolitiques et la situation économique mondiale ont entraîné une raréfaction des stocks de certains intrants, perturbant l’approvisionnement régional.
« Avec les différentes crises géopolitiques et la situation économique du moment, nous assistons à une rareté des stocks de certains intrants agricoles dans nos États et cela perturbe considérablement l’approvisionnement régional », a-t-il déploré.
Fononna Cheick Ahmed Coulibaly a également mis en exergue l’impact des changements climatiques et le coût élevé des technologies modernes de production, qui constituent autant d’obstacles à l’amélioration des rendements agricoles. « Cette situation a pour conséquence l’insécurité alimentaire et la persistance de la malnutrition dans certaines zones vulnérables de notre Union », a-t-il regretté.
Harmonisation pharmaceutique vétérinaire : un impératif sanitaire
Le second axe des travaux porte sur l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires. Un sujet que le président par intérim du CIP juge « mériter toute l’attention des participants », tant il touche directement à la santé animale, humaine et environnementale.
Les experts de la Commission de l’UEMOA présenteront des communications techniques visant à renforcer la mise en œuvre des réglementations régionales sur l’homologation, le contrôle qualité, la certification et la commercialisation des semences, engrais et pesticides. L’objectif : « sécuriser notre production agricole et atteindre la souveraineté alimentaire dans nos États », a insisté M. Coulibaly.
Au programme : élargissement et stratégie de communication
Outre ces thématiques techniques, la session extraordinaire marquera l’arrivée de nouveaux parlementaires issus de la Côte d’Ivoire et du Togo. La présentation et l’examen de la nouvelle stratégie de communication du CIP-UEMOA figurent également à l’ordre du jour, avec pour ambition d’améliorer la visibilité et l’impact des actions de l’institution auprès des citoyens de l’espace communautaire.
Pour rappel, le Comité interparlementaire, basé à Bamako, est composé de 40 députés issus des huit États membres de l’UEMOA (cinq par pays). Organe de contrôle démocratique de l’Union, il préfigure le futur Parlement communautaire.

