L’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés (APSFD), plus connue sous le nom de Consortium Alafia, change officiellement d’identité. Réunie en Assemblée générale extraordinaire le 29 juillet 2026 à Cotonou, l’organisation a adopté de nouveaux textes afin de s’aligner sur les réformes intervenues dans les secteurs de la microfinance et des associations. Cette évolution donne naissance à l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance du Bénin (APIM-Bénin).
Le paysage institutionnel de la microfinance béninoise poursuit son adaptation aux réformes engagées par les pouvoirs publics. Réunis en Assemblée générale extraordinaire à Cotonou, les membres de l’ancienne Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés (APSFD) ont validé une transformation qui dépasse le simple changement de dénomination. Désormais, la faîtière portera le nom d’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance du Bénin (APIM-Bénin), en cohérence avec le nouveau cadre juridique adopté en 2025.
Cette évolution s’appuie sur deux textes majeurs : la loi n°2025-14 du 2 juillet 2025 portant réglementation du secteur de la microfinance et la loi n°2025-19 du 22 juillet 2025 relative aux associations et aux fondations en République du Bénin. Ensemble, ces réformes redéfinissent l’organisation du secteur et harmonisent les règles applicables aux structures qui y évoluent.
« Cette Assemblée Générale Extraordinaire n’est pas une réunion ordinaire. Elle marque une étape décisive : celle de la mise en conformité de nos textes fondamentaux avec le nouveau cadre juridique du secteur de la microfinance et des associations. C’est un moment fondateur pour notre association, appelée à consolider sa transformation et à affirmer sa vocation de faîtière crédible et moderne », a déclaré Ignace Dovi, directeur général de l’APIM-Bénin, dans son allocution de bienvenue.
De nouveaux textes pour accompagner la réforme
Les travaux ont abouti à l’adoption de nouveaux statuts, d’un règlement intérieur révisé, d’un nouveau code de déontologie ainsi que d’une charte de bonne gouvernance. Ces instruments visent à adapter le fonctionnement de l’organisation aux nouvelles exigences légales et à renforcer les principes de gouvernance interne. Pour la présidente du conseil d’administration, Valentine Huguette Adoukonou, cette transformation traduit une ambition plus large que la seule conformité réglementaire. « En adoptant aujourd’hui ces textes rénovés, notre association ne se contente pas de se mettre en conformité. Elle affirme son ambition : demeurer une faîtière crédible, un modèle de bonne gouvernance et un partenaire fiable des pouvoirs publics, au service de l’inclusion financière et du développement de notre pays », a-t-elle souligné.
Une évolution portée par la réforme du secteur
Représentant le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé des Finances et de la Microfinance, Philippe Dahoui a rappelé que la réforme consacre l’abandon de l’appellation « Systèmes financiers décentralisés » au profit de celle d’« Institutions de Microfinance (IMF) », jugée plus conforme à l’évolution du secteur et aux standards de régulation. Selon lui, cette modernisation ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un outil destiné à renforcer la solidité des institutions, leur crédibilité et la protection des usagers. « Les exigences nouvelles introduites par la réforme ne doivent pas être perçues comme des contraintes supplémentaires, mais plutôt comme des leviers essentiels pour assurer la pérennité, la crédibilité et la compétitivité du secteur de la microfinance. L’exercice auquel vous vous livrez aujourd’hui dépasse largement la simple exigence de conformité juridique. Vous posez les fondements d’un cadre institutionnel plus robuste, susceptible de renforcer la crédibilité du secteur, de favoriser son autorégulation et d’améliorer durablement la protection des usagers », a-t-il déclaré. Avec cette transformation institutionnelle, l’APIM-Bénin entend poursuivre son rôle de représentation des institutions de microfinance tout en inscrivant son action dans les nouvelles orientations réglementaires adoptées par le Bénin pour accompagner le développement du secteur.

