Laes 05 piliers de la nouvelle stratégie de la BCEAO
• 90 % des adultes à inclure aux services financiers d’ici 2030
Après une première stratégie ayant permis d’élargir l’accès aux services financiers dans l’Union, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a engagé une nouvelle phase de son action. Adoptée en avril 2025 par le Conseil des Ministres de l’UMOA, la Stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF) 2025-2030 s’est fixée pour objectif de permettre à au moins 90 % des adultes d’utiliser des services financiers adaptés, abordables et sécurisés à l’horizon 2030.
Sylvestre TCHOMAKOU
Dans l’espace Uemoa, progressivement, l’inclusion financière s’impose comme l’un des leviers de développement économique. Face aux difficultés persistantes d’accès aux services financiers pour une partie de la population et des petites et moyennes entreprises, la BCEAO renforce son dispositif avec une nouvelle Stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF) couvrant la période 2025-2030. Fruit d’une démarche associant les États membres, les partenaires au développement et les acteurs privés, cette stratégie a été adoptée en avril 2025 par le Conseil des Ministres de l’UMOA. Elle prend le relais de la première feuille de route régionale approuvée en 2016, qui a contribué à accroître la bancarisation, à développer les services financiers numériques et à améliorer l’accès des populations aux produits financiers. À travers cette nouvelle stratégie, la Banque Centrale entend bâtir « un environnement financier inclusif et plus responsable, permettant aux populations de mieux gérer leurs finances, de se protéger contre les risques financiers et d’améliorer leurs conditions de vie, en vue d’un bien-être financier plus abouti ».
L’objectif, d’ici 20230, est d’atteindre un taux d’utilisation des services financiers adaptés par au moins 90 % de la population adulte de l’Union. Une attention particulière est portée aux catégories qui rencontrent davantage de difficultés d’accès au système financier. Il s’agit notamment des femmes, des jeunes, des populations rurales, des PME et PMI, des personnes déplacées, des personnes vivant avec un handicap ainsi que des populations disposant d’un faible niveau d’éducation financière.
05 axes pour structurer l’action régionale
La SRIF 2025-2030 repose sur cinq (05) grands axes destinés à coordonner les actions des États, de la BCEAO et des acteurs du secteur financier.
Le premier vise le renforcement du cadre réglementaire, de la supervision et de la protection des consommateurs. La Banque Centrale prévoit notamment d’améliorer les dispositifs de contrôle, d’adapter la réglementation aux évolutions technologiques et de renforcer les mécanismes de lutte contre la cybercriminalité et la fraude.
Le deuxième axe concerne la consolidation du secteur de la microfinance. Il prévoit une amélioration de la gouvernance des institutions concernées, leur transformation numérique ainsi que le renforcement de leur solidité financière afin d’accroître leur impact auprès des populations peu couvertes par le système bancaire traditionnel.
Le troisième axe est consacré à l’innovation financière. La BCEAO entend favoriser le développement des moyens de paiement digitaux interopérables, rapprocher les services financiers des populations et faciliter l’accès au financement des micros, petites et moyennes entreprises.
La quatrième orientation met l’accent sur l’éducation financière. Elle vise à permettre aux consommateurs de mieux comprendre les produits financiers, d’effectuer des choix éclairés et de disposer de mécanismes de recours plus efficaces.
Le cinquième et dernier axe repose sur une meilleure exploitation des données. La modernisation des systèmes statistiques doit permettre de mesurer plus finement les progrès réalisés et d’orienter les politiques publiques en matière d’inclusion financière.
Une gouvernance articulée à plusieurs niveaux
Pour assurer la mise en œuvre de cette stratégie, la BCEAO a mis en place un dispositif institutionnel associant plusieurs organes complémentaires.
Au niveau régional, un Comité régional de pilotage définit les orientations générales, tandis qu’un Comité technique de suivi veille à l’exécution du plan d’actions. Chaque État membre dispose également d’un Comité national de suivi chargé de coordonner les initiatives nationales.
Ce dispositif est complété par un cadre consultatif réunissant les partenaires techniques et financiers ainsi que par plusieurs groupes régionaux de réflexion chargés de formuler des propositions sur des sujets tels que la microfinance, les services financiers, l’éducation financière, la protection des consommateurs ou encore le financement des PME.
Un vaste programme d’éducation financière
En parallèle de cette stratégie, la BCEAO poursuit le déploiement de son Programme régional d’éducation financière (PREF), adopté en 2020.
Ce programme ambitionne de sensibiliser près de 152 millions de personnes dans l’Union grâce à des actions de formation et de communication destinées aux élèves, étudiants, femmes, jeunes, populations rurales, salariés, personnes âgées, personnes vivant avec un handicap ainsi qu’aux dirigeants de micros, petites et moyennes entreprises.
Le lancement des campagnes de communication de masse est annoncé pour 2026, après la finalisation des supports pédagogiques destinés aux différents publics cibles.
Avec cette nouvelle feuille de route, la Banque Centrale entend consolider les progrès réalisés ces dernières années et créer un environnement financier plus accessible, plus sûr et davantage adapté aux réalités économiques et sociales des pays de l’UEMOA.

