Le Conseil économique et social (CES) a un nouveau président. Réunis, mercredi 22 juillet 2026 pour la mise en place du bureau de la nouvelle mandature, les conseillers ont porté leur choix sur Abdoulaye Bio Tchané, ancien ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale. Sa désignation confirme les attentes qui entouraient sa nomination comme membre du CES au niveau national par le président de la République. Économiste de formation, Abdoulaye Bio Tchané possède une longue carrière dans les administrations publiques béninoises et les institutions financières internationales.
Un cadre de haut niveau aux commandes du CES. Avant son arrivée à la tête de cette institution de l’Etat, il a occupé plusieurs hautes fonctions, notamment celles de ministre de l’Économie et des Finances, de président par intérim de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et de directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI). Au cours de la dernière décennie, il a dirigé le ministère du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, où il a piloté plusieurs réformes économiques et programmes de développement. Son élection intervient dans un contexte marqué par la profonde réforme du Conseil économique et social. La loi n° 2024-26 du 17 juillet 2024 a redéfini les missions de l’institution et renforcé sa présence sur l’ensemble du territoire national à travers une nouvelle organisation.
Le CES est désormais appelé à jouer un rôle plus actif dans le débat public. Il est chargé d’émettre des avis et des recommandations sur les politiques économiques, sociales, culturelles et environnementales. L’institution peut également être consultée sur des questions liées au coût de la vie, à la promotion de la production nationale, à la cohésion sociale ou encore à la prévention et au règlement des conflits. Dans cette nouvelle configuration, le président du CES est appelé à assurer le fonctionnement de l’institution et à coordonner ses travaux. Les avis formulés par le Conseil sont destinés à éclairer les pouvoirs publics sur les grandes questions de développement et les préoccupations exprimées par les populations.
Quatre priorités pour la nouvelle mandature
A l’issue de son élection par ses pairs, mercredi 22 juillet 2026, Abdoulaye Bio Tchané a décliné quatre priorités qui guideront son action à la tête de la 8e mandature du Conseil économique et social.
La première priorité, a-t-il indiqué, est d’accroître l’utilité de l’institution afin de renforcer sa contribution à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques.
Le nouveau président veut ensuite consolider la proximité du CES avec les citoyens afin de permettre à l’institution de mieux jouer son rôle d’interface entre la société et les instances de décision.
Troisième priorité, Abdoulaye Bio Tchané entend dynamiser le dialogue interinstitutionnel afin de renforcer la coopération avec les autres institutions de la République. Enfin, le successeur de Conrad Gbaguidi souhaite renforcer le rayonnement international de l’institution à travers une ouverture diplomatique accrue. Abdoulaye Bio Tchané a indiqué que l’action du CES devra « embrasser les défis majeurs de la République du Bénin ». L’ancien ministre d’État a notamment évoqué le pouvoir d’achat, l’insertion des jeunes, la promotion de l’emploi, la souveraineté alimentaire, la sécurité et la défense du territoire, ainsi que l’inclusion sociale. Pour atteindre ces objectifs, le nouveau président a assuré qu’il s’appuiera sur l’expertise de l’ensemble des conseillers de l’institution.
« Je tiens d’ores et déjà à vous réaffirmer mon engagement à capitaliser sur l’expertise de l’ensemble des conseillers afin de mener à bien la noble mission qui nous incombe », a déclaré l’ancien député de la 10e législature, qui a renoncé à son siège à l’Assemblée nationale pour siéger au CES. Abdoulaye Bio Tchané a par ailleurs rappelé que les pouvoirs publics attendent du CES des réflexions et des propositions marquées par la rigueur et la pertinence. Il a également souligné que les citoyens comptent sur l’institution « pour assurer pleinement notre rôle d’interface institutionnelle entre la société et les instances de décision ».
Par Falco VIGNON

