La Bceao relève une hausse de 18,2 % de la masse monétaire à fin avril 2026. Cette liquidité soutient l’activité, mais s’accompagne d’un recul des indices boursiers régionaux et d’une inflation attendue en hausse.
À fin mars 2026, l’encours de la masse monétaire de l’Uemoa ressortait à 63 010,5 milliards F Cfa, en progression de 18,1 % sur un an. Selon les estimations de la Bceao, cette croissance atteindrait 18,2 % à fin avril 2026, soit un accroissement de 9 747,5 milliards en variation annuelle.
Cette évolution serait imputable à l’accroissement des créances intérieures (+3 689,5 milliards, +6,0 %) et à la consolidation des actifs extérieurs nets des institutions de dépôt, attendus à hauteur de 9 263,2 milliards. La hausse reflète également le renforcement des dépôts (+16,3 %) et de la circulation fiduciaire (+24,1 %), précise la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
Lors de sa réunion du 4 mars, le Comité de politique monétaire avait abaissé les taux directeurs de 25 points de base, ramenant le principal taux de refinancement à 3,00 % et le taux du guichet marginal à 5,00 %. Cette détente se répercute progressivement sur les conditions interbancaires : le taux moyen pondéré à une semaine s’établit à 3,79 % en avril 2026, en baisse de 6 points de base par rapport à mars et de 138 points de base comparativement à avril 2025. Les conditions appliquées par les banques à leur clientèle demeurent quasi stables, le taux débiteur moyen passant de 6,70 % à 6,74 %, contre 6,78 % un an plus tôt.
Marchés financiers en repli
La situation est plus contrastée du côté des marchés financiers régionaux. En avril 2026, les indices de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), le Brvm Composite et le Brvm 30, ont reculé respectivement de 1,5 % et 1,2 %, alors que les places de Lagos et de Casablanca affichaient sur la même période des progressions de 7,4 % et 7,8 %.
Sur le marché des titres publics, les États de l’Union écomique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont mobilisé 1 186,9 milliards F Cfa par adjudication en avril, soit une baisse de 35,4 % par rapport à mars et de 41,0 % par rapport à avril 2025. Le taux de couverture des émissions par adjudication s’est replié à 208,8 %, contre 253,5 % le mois précédent.
En perspective, le taux d’inflation en glissement annuel au sein de l’Union s’établirait à +1,0 % en mai 2026, avant d’atteindre +1,5 % en juin puis +2,0 % en juillet. L’accélération des prix projetés résulterait de l’impact de la crise au MoyenOrient, à travers le renchérissement des produits énergétiques. Elle reflète notamment les effets du relèvement des tarifs des produits pétroliers déjà effectués en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, en GuinéeBissau et au Mali.
La liquidité abondante continue de soutenir l’activité économique, mais le repli des marchés financiers régionaux et la remontée attendue de l’inflation rappellent que les équilibres demeurent sensibles aux évolutions du contexte international, notamment sur le front énergétique.
Par Aké MIDA

