Le conseil économique et social (CES) lance un nouveau cadre de dialogue destiné à rapprocher les réflexions économiques et sociales des préoccupations quotidiennes des citoyens. Pour son premier numéro, les Cafés scientifiques du CES ont placé la stabilité financière des ménages au centre des échanges.
Avec l’évolution des modes de consommation, la multiplication des risques économiques et la nécessité pour les ménages de mieux anticiper les imprévus, l’éducation financière s’impose progressivement comme une question de société. C’est autour de cette préoccupation que le Conseil économique et social (CES) a choisi d’inaugurer son nouveau cadre d’échanges baptisé « Cafés scientifiques du CES ». Le lancement officiel de cette initiative est intervenu le mercredi 17 juin 2026, avec une première édition consacrée à la stabilité financière des citoyens. L’ambition affichée par l’institution est de créer un espace permanent de réflexion et de sensibilisation sur les grands enjeux économiques, sociaux, culturels, environnementaux, scientifiques et technologiques qui concernent le pays.
Dès l’ouverture des travaux, le président du CES, Conrad Gbaguidi, a souligné les conséquences que peut avoir une mauvaise gestion des ressources sur l’équilibre des familles.
« Lorsque j’ai de l’argent, des revenus, un budget ou un salaire, mais que je ne sais pas le gérer, que je ne suis pas capable de mettre de côté un franc, deux francs ou dix francs, alors, au moment des coups durs, c’est souvent tout l’équilibre de la famille qui est déstabilisé. »
À travers cette réflexion, il a mis en avant la nécessité de développer une véritable culture de la prévoyance financière au sein des ménages béninois.
L’épargne comme premier rempart contre la vulnérabilité
Cette première rencontre a réuni des experts, représentants d’organisations professionnelles, acteurs du secteur financier, entrepreneurs, jeunes et compagnies d’assurance autour du thème : « Maîtriser son budget, épargner et s’assurer : l’alliance stratégique pour atteindre la stabilité financière ».
Les échanges ont porté sur les mécanismes permettant aux citoyens de mieux gérer leurs revenus, de constituer une épargne régulière et de se prémunir contre les aléas susceptibles d’affecter leur situation financière.
Selon Conrad Gbaguidi, l’objectif poursuivi est d’apporter aux populations des outils pratiques pour renforcer leur capacité à faire face aux difficultés économiques.
« Dans cette discussion, nous allons toucher du doigt des éléments concrets sur les bonnes attitudes à adopter pour gérer son budget, s’assurer et faire en sorte que sa famille soit protégée en cas de difficultés », a-t-il expliqué.
Au fil des interventions, l’épargne a été présentée comme un moyen de sécurisation financière permettant d’atténuer l’impact des chocs économiques, qu’il s’agisse d’une perte de revenus, d’un problème de santé ou d’autres événements imprévus.
Trois leviers pour renforcer la résilience financière
Invité à partager la vision de la Banque centrale sur cette problématique, le directeur national de la BCEAO, Emmanuel Assilamehoo, a insisté sur trois axes complémentaires pour bâtir une résilience financière durable : l’éducation financière, la digitalisation et la protection sociale.
Selon lui, ces leviers contribuent à améliorer la capacité des citoyens à gérer leurs ressources, à accéder aux services financiers et à traverser les périodes difficiles sans compromettre leur équilibre économique.
Cette approche a trouvé un écho favorable auprès des différents panélistes qui ont pris part aux discussions. Septuce Chékété, membre du Conseil d’administration de l’Africaine des Assurances, Joël Adèyèmi Affoyon, directeur général du Fonds national de la microfinance (FNM), Arsène Dansou, directeur général de la BIIC, Ayodèle Ognin, promotrice de Wurami, ainsi que Serge Soglo, directeur général de MTN Mobile Money, ont mis en avant la complémentarité entre les services bancaires, l’assurance et les solutions numériques.
Pour ces intervenants, la combinaison de ces différents outils offre aux populations des mécanismes adaptés pour mieux sécuriser leurs revenus, développer l’épargne et accéder à des dispositifs de protection financière.
Un dialogue ouvert avec les citoyens
Souhaitant élargir la portée des échanges au-delà des participants présents, le CES a assuré une retransmission en direct des débats sur ses plateformes numériques.
Cette démarche traduit la volonté de l’institution de rendre les questions économiques et sociales plus accessibles aux citoyens et de favoriser une participation plus large aux réflexions nationales. Avec les Cafés scientifiques du CES, l’institution entend ainsi installer un espace de dialogue régulier autour des enjeux qui influencent le développement du pays.
Par S.T.

