Si la croissance demeure vigoureuse dans l’espace Uemoa avec le dynamisme des services et du commerce, des pressions sur les prix pourraient réapparaître dans les prochains mois, sous l’effet conjugué des tensions au Moyen-Orient et des perturbations internes liées à l’insécurité, selon la Bceao.
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) dresse, dans sa note de conjoncture de mars 2026, un tableau nuancé de l’évolution économique au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Elle anticipe une croissance du Pib réel de 6,5 % au premier trimestre 2026, après une progression de même ampleur au quatrième trimestre 2025. Cette dynamique serait soutenue par le dynamisme des activités commerciales et des services, ainsi que par une bonne campagne agricole.
En revanche, l’inflation devrait repasser en territoire positif, pour s’établir à +0,4 % en mars 2026 puis à +0,8 % en avril 2026. Ce retournement reflète notamment le renchérissement des produits pétroliers, en lien avec les tensions au Moyen-Orient, ainsi que la persistance de perturbations dans les chaînes de distribution des produits alimentaires dans certaines zones de l’Union, du fait de l’insécurité.
En février 2026, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’Union s’est replié de 3,9 %, sous l’effet notamment de la baisse des cours du gaz naturel (-29,6 %), du cacao (-28,5 %), du café (-9,7 %) et du coton (-2,1 %). À l’inverse, les cours du pétrole (+6,9 %), de l’or (+6,1 %) et de la noix de cajou (+6,2 %) se sont inscrits en hausse.
Parallèlement, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés a progressé de 3,7 %, en lien avec le renchérissement de l’huile de soja (+11,5 %) et du blé (+6,1 %), atténué par la baisse du sucre (-3,1 %).
Activité ralentie en début d’année
En janvier 2026, l’activité économique au sein de l’Union a enregistré un ralentissement en rythme mensuel. L’amélioration de la production industrielle (+8,1 %) a été compensée par la contraction du chiffre d’affaires du commerce (-7,3 %) et le recul des services marchands non financiers (-8,4 %).
Le taux d’inflation est resté en territoire négatif, à -0,1 % en février 2026, après -0,5 % en janvier, en lien avec la poursuite de la baisse des prix des produits alimentaires, quoique à un rythme moins soutenu.
Sur le marché monétaire, le taux d’intérêt moyen à une semaine du marché interbancaire s’est établi à 4,23 % en février, en baisse de 61 points de base par rapport à janvier. En revanche, les conditions appliquées par les banques à la clientèle se sont légèrement durcies, le taux débiteur moyen passant de 6,80 % à 6,93 %.
La masse monétaire a poursuivi sa progression, avec une hausse de 18,8 % en glissement annuel à fin janvier 2026, portée principalement par l’accroissement des actifs extérieurs nets (+179,4 %) et des créances sur l’économie (+6,2 %).
Malgré une croissance solide, l’Union reste exposée à des fragilités structurelles et à des chocs externes. Si elle parvient à maintenir son rythme de développement, l’enjeu majeur des prochains mois résidera dans la maîtrise des tensions inflationnistes et le renforcement de la résilience face aux incertitudes internationales et sécuritaires.
Par Aké MIDA

