À la Galerie Encadrement Design, l’exposition Equilibrium Wind – Le Vent d’Équilibre poursuit sa dynamique d’ouverture. Après les étudiants, mardi dernier, ce sont les acteurs de la filière coton qui ont exploré l’univers de Thierry Oussou, dans une démarche de reconnaissance et de réappropriation.
S.T.
À Cotonou, l’exposition Equilibrium Wind – Le Vent d’Équilibre continue de tracer des passerelles entre création contemporaine et réalités locales, en invitant ceux qui participent à l’histoire du coton à découvrir sa mise en récit artistique. Mercredi 08 avril 2026, cotonculteurs, encadreurs, responsables industriels et gardiens de la tradition béninoise ont investi les espaces de la Galerie Encadrement Design. Une visite marquée par la rencontre entre une matière familière et son interprétation artistique. L’objectif de ce rendez-vous n’est autre que de voir, comprendre et s’approprier une œuvre à laquelle ils ont contribué, souvent sans en mesurer la portée esthétique.
Portée par Léa Résidence à travers Dagbé Art, l’exposition s’inscrit dans une volonté de rapprocher les publics locaux d’une création béninoise reconnue au-delà des frontières. Dans son mot d’accueil, Léa Awunou Roufaï a tenu à replacer ces acteurs au centre du projet : << C’est un honneur pour nous de vous recevoir ici, parce que cette exposition, c’est grâce à vous. Vous avez permis qu’il puisse vaquer librement au sein de vos industries pour pouvoir voir et appréhender la transformation du coton, et surtout l’aspect virtuel du coton. Cette exposition est le témoin vivant de toutes ces forces visibles et invisibles qui nous permettent d’atteindre ces sommets. On a tenu à vous rendre hommage, à vous remercier pour le travail à nos côtés et pour le succès de cette exposition.>>.
Une œuvre ancrée dans les réalités du terrain
Au cœur du parcours artistique, le coton s’impose comme une matière chargée de mémoire, de travail et de symboles. Pour ces visiteurs venus du terrain, cette découverte est une lecture nouvelle de leur propre quotidien. Arnaud Houanvo, chef d’usine SODECO N’dali est revenu sur l’expérience vécue avec l’artiste : << On a eu la grâce d’avoir reçu monsieur Thierry Oussou à l’usine de N’Dali. Il était venu, on a passé toute une semaine ensemble, une semaine au cours de laquelle, il a regardé un peu comment ça se passe, les égrenages, les différentes phases. Et donc, si on est là, c’est pour voir ce qui est sorti de cette semaine d’images, de vidéos. Durant l’exposition, j’avoue, j’ai eu à voir plusieurs autres aspects du coton et du cotonnier, il y a par exemple les aspects thérapeutiques du cotonnier, ça c’est des choses que je ne savais pas, et donc il y a ça qui m’a marqué. C’est un plaisir pour moi d’avoir participé à cette exposition, c’est une très bonne chose. M. Thierry met en valeur le coton béninois, et ça nous enchante, c’est un plaisir pour nous.>>.
Entre fierté et redécouverte d’un patrimoine vivant
Pour les producteurs, cette immersion agit comme un miroir. Elle révèle la portée culturelle et symbolique d’une activité souvent perçue sous son seul angle économique. Noël Agbodofi, agriculteur, exprime cette prise de conscience : << Nous sommes fiers de ce que nous avons vu aujourd’hui. Je vois que le coton est une matière dont on peut s’inspirer pour obtenir plusieurs produits. >>. À travers cette rencontre, l’exposition continue de remplir ses ambitions : faire dialoguer les savoir-faire locaux avec les formes contemporaines, tout en redonnant aux acteurs de terrain leur place dans la narration artistique.
Par S.T.

