La Banque ouest africaine de développement (BOAD) s’est réunie pour la 150ème session ordinaire de son Conseil d’Administration les 25 et 26 mars 2026 à Dakar au Sénégal sous la présidence de Serge EKUE. A ces assises, les agrégats de la banque à fin 2025 ont été présentés. Plusieurs accords de financement ont été autorisés et le nouveau plan stratégique de la banque pour la période 2026-2030 lancé.
La Banque ouest africaine de développement consolide ses agrégats en 2025. L’institution affiche un total bilan de 5 363 milliards FCFA, contre 3 893 milliards FCFA un an plus tôt, soit une progression de 38 %. Cette évolution traduit non seulement l’intensification des activités de la banque, mais également une meilleure mobilisation des ressources financières sur les marchés régionaux et internationaux.
Le résultat net bénéficiaire s’établit à 42,476 milliards FCFA, en hausse de près de 8 % par rapport à 2024. Ce niveau de performance permet à la Banque de consolider davantage ses fonds propres, qui atteignent désormais 1 780,546 milliards FCFA, représentant 33,2 % du total bilan. Une telle configuration confère à l’institution une assise financière solide, renforce sa résilience face aux risques et améliore sensiblement ses capacités de financement. Dans un contexte international marqué par des incertitudes économiques, la BOAD est également parvenu à maintenir la confiance de ses partenaires techniques et financiers. A preuve, elle conserve ses notations Baa1 (Moody’s) et BBB (Fitch Ratings), toutes deux classées dans la catégorie « Investment Grade ». Cette stabilité témoigne de la qualité de sa gouvernance, de sa rigueur dans la gestion des risques et de la pertinence de son modèle économique.
« Djoliba… la suite » : une ambition de transformation à grande échelle
Fort des acquis du précédent plan stratégique (Djoliba 2020-2025), la BOAD amorce un nouveau cycle de développement avec « Djoliba… la suite », couvrant la période 2026-2030. Ce programme qui fait suite au précédent, plan Djoliba 2020-2025, se distingue par une ambition nettement rehaussée, avec un objectif global de financements fixé à 6 500 milliards FCFA, soit quasiment le double du volume mobilisé lors du cycle précédent. Pour soutenir cette montée en puissance, plusieurs mécanismes financiers innovants seront mobilisés. La Banque prévoit notamment de lever 2 650 milliards FCFA sur les marchés via des emprunts structurés, tout en mettant en place un vaste programme de titrisation estimé à 1 100 milliards FCFA. Ces instruments permettront de diversifier les sources de financement, d’optimiser la gestion du bilan et d’accroître la capacité d’intervention de l’institution.
Par ailleurs, la transformation organisationnelle constitue un autre pilier de cette stratégie. La BOAD ambitionne de se muer progressivement en un véritable groupe financier, structuré autour d’entités spécialisées capables d’intervenir de manière ciblée sur différents segments (infrastructures, climat, secteur privé, etc.). Cette évolution vise à améliorer l’efficacité opérationnelle et à maximiser l’impact des financements sur les économies de la sous-région. Dans le cadre de cette dynamique, le Conseil d’administration a approuvé 17 nouvelles opérations pour un montant total de 501,568 milliards FCFA. Ces engagements portent le volume cumulé des financements de la BOAD, depuis le démarrage de ses activités en 1976, à plus de 10 387 milliards FCFA, ce qui illustre son rôle prioritaire dans le développement régional.
Bénin : 30 milliards FCFA pour le dédoublement de la route Ouidah-Hillacondji
Au titre des projets approuvés, le Bénin tire parti d’un financement important destiné à la modernisation de ses infrastructures routières. La BOAD a ainsi validé un appui de 30 milliards FCFA pour le dédoublement de la route Ouidah-Hillacondji, un axe stratégique pour la circulation des biens et des personnes. Ce projet revêt un enjeu majeur en matière de développement économique et d’intégration régionale. Il vise à fluidifier le trafic sur ce corridor très fréquenté, à réduire significativement les délais de transport et à améliorer les conditions de sécurité pour les usagers. Les projections indiquent une réduction de 50 % du temps de parcours et une baisse de 60 % du nombre d’accidents dès la mise en service prévue à l’horizon 2030.
Au-delà de son impact national, cette infrastructure contribuera à renforcer les échanges commerciaux au sein de l’espace UEMOA, en facilitant la connectivité entre les pays côtiers et ceux de l’hinterland. Elle s’inscrit ainsi dans une vision plus large de développement des corridors économiques régionaux. Globalement, les décisions prises lors de cette session témoignent de la volonté de la BOAD de consolider son rôle d’institution financière de référence en Afrique de l’Ouest, en accompagnant des projets structurants dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, les transports, le logement et la transformation numérique.
Par B.W.

