Admis à la cote de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), le Fonds Commun de Titrisation de Créances « Keur Samba – Compartiment NSIA Banque Bénin 2025-2033 » marque l’arrivée de la première opération de titrisation réalisée au Bénin. Structurée dans le cadre du programme Keur Samba initié par la BOAD, cette initiative vise à mobiliser les marchés de capitaux pour renforcer le financement des petites et moyennes entreprises dans l’espace UEMOA.
À l’heure où les économies ouest-africaines recherchent de nouvelles sources de financement pour soutenir le secteur privé, les marchés financiers régionaux poursuivent leur évolution vers des instruments plus structurés. C’est dans ce dessein que s’est tenue, jeudi 12 mars 2026 à Cotonou, la cérémonie de cotation du Fonds Commun de Titrisation de Créances « Keur Samba – Compartiment NSIA Banque Bénin 2025-2033 » à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).
Portée par NSIA Banque Bénin dans le cadre du programme Keur Samba initié par la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), l’opération repose sur la titrisation d’un portefeuille de créances de la banque. Le mécanisme consiste à transférer ces créances à un véhicule financier (le Fonds Commun de Titrisation de Créances) qui émet ensuite des titres destinés aux investisseurs. Clôturée par anticipation après avoir mobilisé 52 milliards de FCFA, l’opération a suscité, l’an dernier, un intérêt notable sur le marché financier régional. Toute première au Bénin, cette opération permettra d’élargir les capacités de financement de l’économie béninoise.
Pour le Directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounvé, « la titrisation n’est pas qu’une technique financière. Il s’agit réellement, et c’est comme ça que nous devons l’appréhender, d’un outil de transformation économique qui incarne la complémentarité entre le système bancaire et le marché financier ». Selon lui, ce mécanisme offre aux banques la possibilité de transformer certains actifs en liquidités, afin de renforcer leur capacité à financer les entreprises. « La titrisation permet de rompre ce plafond de verre en permettant aux banques de transformer leurs actifs en liquidités immédiates, libérant de nouvelles capacités de financement pour le secteur privé, particulièrement pour les PME. », a-t-il insisté.
Une opération soutenue par les investisseurs
Du côté de NSIA Banque Bénin, l’opération s’inscrit dans une stratégie visant à promouvoir l’innovation financière et à diversifier les sources de financement du secteur privé. Directeur général de l’institution bancaire, Anicet Patrick Okoma a rappelé l’intérêt suscité par l’opération sur le marché. « Sur un montant de 52 milliards recherchés. Nous avons eu des intentions et des souscriptions à hauteur de 60 milliards. Donc une souscription supérieure de 15 %. ». Un niveau de participation qui témoigne, selon lui, de l’intérêt des investisseurs pour ce type d’instruments financiers structurés.
À travers cette opération, la banque entend contribuer à la dynamique du marché financier régional. « NSIA Bank Bénin réaffirme sa volonté de jouer un rôle actif dans l’innovation financière au sein de notre marché, et de contribuer à l’émergence d’un écosystème financier toujours plus dynamique dans l’espace Uemoa ».
Un soutien des partenaires internationaux
L’initiative bénéficie également de l’appui de plusieurs institutions financières de développement, parmi lesquelles la Société Financière Internationale (IFC), la British International Investment (BII) et la BOAD. Représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin, Karine Bachongy a mis en avant l’impact potentiel de l’opération pour le financement des entreprises.
« Cette opération innovante positionne clairement le Bénin comme un acteur innovant, crédible et ambitieux des marchés de capitaux régionaux. ». Elle a également souligné la mobilisation des partenaires financiers autour du projet. « La Société Financière Internationale a souscrit à hauteur d’environ 14 milliards de FCFA dans la tranche senior de ce véhicule de titrisation. Et nous avons contribué à mobiliser, en plus, un total de 38 milliards de FCFA grâce à la participation d’autres institutions financières de développement ».
Selon les indications fournies, une partie des ressources mobilisées sera orientée vers des secteurs prioritaires. « Près de 30 milliards de FCFA seront orientés vers des entreprises détenues ou dirigées par des femmes, et au moins 10 % des fonds seront alloués à des projets de finance climatique ». Troisième compartiment du programme Keur Samba après deux opérations menées en Côte d’Ivoire, cette titrisation représente une première au Bénin.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

