Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé le mardi 10 mars à Washington, une initiative régionale, porteuse de transformations, qui stimulera directement la création d’emplois au Bénin, au Libéria et en Sierra Leone. Cette deuxième opération du Projet d’intégration numérique régionale en Afrique de l’Ouest (WARDIP), d’un montant total de 137 millions de dollars, vise à renforcer les bases d’une économie numérique dynamique autour de trois piliers : (i) l’expansion et la modernisation des infrastructures numériques nécessaires à la compétitivité ; (ii) l’amélioration de l’environnement des affaires ; et (iii) le soutien aux entreprises pour leur permettre de se développer et opérer sur les marchés régionaux.
Selon le Groupe de la Banque mondiale, WARDIP2 permettra d’accroître l’accès, le financement et l’utilisation du haut débit dans les pays participants, tout en créant un environnement propice aux services numériques transfrontaliers en Afrique de l’Ouest. Environ 5,2 millions de personnes seront connectées à l’internet haut débit dans les trois pays, et 5,4 millions de nouveaux utilisateurs accéderont à des services numériques.
« Cette nouvelle initiative permettra à l’Afrique de l’Ouest d’accélérer sa transformation économique en créant des emplois, en renforçant la résilience et en favorisant l’émergence d’un marché numérique régional plus intégré », souligne Michel Rogy, directeur régional de la Banque mondiale pour le numérique et l’intelligence artificielle. « Elle s’attaque à l’un des défis les plus persistants de la région : une connectivité coûteuse et peu fiable limitant la compétitivité et l’accès des populations aux opportunités numériques. »
Grâce à des investissements majeurs dans les infrastructures numériques, le projet étendra des réseaux haut débit résilients, renforcera la connectivité internationale et améliorera la capacité des centres de données, jetant ainsi les bases de nouveaux emplois numériques et d’une meilleure prestation de services publics et privés. Parallèlement, il investira dans le capital humain en soutenant la formation aux compétences numériques de 9 000 personnes, dont des femmes et des jeunes, et en élargissant les opportunités dans les domaines de l’intelligence artificielle, la cybersécurité et de l’entrepreneuriat.
« En harmonisant les réglementations, en modernisant la gouvernance numérique et en améliorant la concurrence sur les marchés régionaux, WARDIP2 crée un environnement plus prévisible et plus attractif pour les investissements », explique Marina Wes, directrice par intérim de l’Intégration régionale pour l’Afrique à la Banque mondiale. « Son soutien à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), aux réformes réglementaires dans les pays participants et aux mesures visant à réduire les coûts de déploiement tout en améliorant l’accès à une connectivité abordable et de qualité est essentiel pour approfondir l’intégration régionale, attirer des capitaux privés, et créer des emplois. »
Pour aider les entreprises à se développer et créer des emplois, WARDIP2 renforcera les écosystèmes d’entrepreneuriat numérique, développera les services financiers numériques et soutiendra les petites et moyennes entreprises (PME) et les startups grâce à des financements de démarrage, un meilleur accès aux marchés et des opportunités de commerce numérique transfrontalier. Ces investissements renforceront non seulement la croissance et la compétitivité des entreprises, mais catalyseront également la création de nouveaux emplois numériques dans les pays participants. Plus de 140 startups numériques, dont des entreprises dirigées par des femmes, devraient en bénéficier.
Le projet WARDIP en bref
Lancé en novembre 2023, le WARDIP est un programme révolutionnaire visant à élargir l’accès à internet et à promouvoir un marché numérique unique en Afrique de l’Ouest. Sa première opération (WARDIP1), mise en œuvre en partenariat avec l’Union africaine, Smart Africa et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aide la Gambie, la Guinée, la Guinée‑Bissau et la Mauritanie à renforcer les capacités institutionnelles et élargir l’accès aux services, au profit de 1,3 million de personnes (dont la moitié sont des femmes), créant ainsi de nouvelles opportunités économiques et d’emploi. WARDIP2 s’appuie sur cette base pour étendre le programme à un total de sept pays et à l’UEMOA.
Par Falco VIGNON

