Partenaire technique et financier du Fonds national de développement agricole (FNDA), la Coopération suisse accompagne le renforcement institutionnel du dispositif, soutient les guichets d’investissement et contribue à l’opérationnalisation de l’assurance agricole. Un appui structuré qui vise à faciliter l’accès au financement et à stimuler l’investissement privé dans le secteur agricole béninois.
Sylvestre TCHOMAKOU
Face à la nécessité d’accroître la productivité agricole et de sécuriser les revenus des producteurs, le Bénin mise sur des mécanismes de financement adaptés et structurés. Au cœur de cette dynamique, le Fonds national de développement agricole (FNDA) s’affirme progressivement comme un acteur clé de mobilisation de ressources publiques et privées. Partenaire historique, la Coopération Suisse joue un important rôle dans l’accompagnement de l’institution. « Aujourd’hui, le FNDA devient un instrument incontournable dans le financement agricole », affirme Alex Alidou Salihou, Chargé de Programme DERL-Coopération Suisse. À ses débuts, le fonds comptait peu de partenaires techniques. L’appui suisse s’est d’abord concentré sur le renforcement institutionnel, avant de s’élargir à la contribution financière et à la mobilisation d’investissements privés.
Sur les trois guichets complémentaires du Fonds, la Coopération suisse alimente les deux premiers. Le Guichet 1 est dédié aux investissements structurants à caractère public ou privé, tandis que le guichet 2 est consacré à l’accès aux services non financiers, notamment le renforcement de capacités.
En parallèle, elle a accompagné l’opérationnalisation du guichet 3, orienté vers l’accès au financement agricole via les institutions de crédit. Ce mécanisme bénéficie d’un engagement financier conséquent de l’État, avec une ligne de financement de 100 milliards de FCFA. L’objectif est de stimuler le refinancement des IMF et de partager les risques liés au prêt agricole (garantie) en vue d’encourager le développement des entreprises agricoles (bonification).
Pour rendre les producteurs éligibles à ces financements, un important travail de formation est conduit sur le terrain. Élaboration de plans d’affaires bancables, structuration des coopératives, accompagnement technique : autant d’actions destinées à renforcer la crédibilité des porteurs de projets face aux établissements financiers. « On a essayé d’accompagner les acteurs à être aptes à avoir accès à ce financement. Notamment, c’est des renforcements de capacités que nous donnons aux producteurs, coopératifs et aux productrices pour leur permettre de monter des plans d’affaires bancables, des plans d’affaires que les institutions de crédit pourront supporter. », a expliqué Alex Alidou Salihou.
Des résultats visibles sur le terrain
Les effets de ce partenariat se traduisent par des réalisations concrètes. À Bantè par exemple, la Coopérative communale des étuveuses de riz (Ccer) a bénéficié d’équipements modernes, notamment une trieuse optique améliorant la qualité du produit. À Natitingou, près de 100 hectares ont été aménagés pour le maraîchage et la riziculture. À Gogounou, des financements ont permis de baliser des couloirs de passage, facilitant les activités pastorales.
La dynamique a également favorisé l’arrivée de nouveaux partenaires tels que la KfW, LuxDev, le FIDA ou encore la Banque africaine de développement, notamment sur le volet assurance agricole.
L’assurance agricole en phase pilote
La gestion de l’assurance agricole confiée au FNDA a ouvert un nouveau chantier. En partenariat avec la Coopération suisse, une étude de faisabilité et un projet pilote ont été élaborés. Au terme de la phase pilote, trois (03) filières ont été expérimentées à savoir le riz, le coton et le gros bétail. Un projet de décret est en préparation afin d’étendre progressivement le mécanisme à l’ensemble des filières.
Cap sur la phase 2
L’évaluation du programme AFONDS financé par la Coopération suisse, a permis d’identifier plusieurs axes d’amélioration que sont : le renforcement des capacités techniques internes du FNDA, la fluidification des procédures de financement ainsi que la consolidation de la confiance des institutions de crédit.
La phase 2, attendue à partir de cette année, devrait accentuer, selon le Chargé de programme DERL, l’orientation vers les filières liées à la nutrition et à l’alimentation, tout en mettant un accent particulier sur la transformation agroalimentaire, la jeunesse et les femmes. Les quatre départements du Nord

