Le Projet de développement des compétences pour l’emploi dans les secteurs prioritaires (Pdcesp) enregistre des avancées significatives, malgré des retards initiaux dans le lancement des travaux. Il vise à former une main-d’œuvre innovante et compétitive, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture et de l’énergie renouvelable.
Le Projet de développement des compétences pour l’emploi dans les secteurs prioritaires (Pdcesp) affiche de bonnes perspectives de performance grâce à la mise en place progressive de ses structures de coordination, à la signature de conventions stratégiques et à la planification des activités. Selon le dernier rapport d’état d’exécution et de résultats (Eer), daté du 14 novembre 2025, l’exécution du projet a toutefois connu des lenteurs liées au recrutement des experts et à la signature de certaines conventions, notamment avec l’Agence de construction des infrastructures du secteur éducatif (Acise), chargée de la maîtrise d’œuvre des travaux de construction des infrastructures de formation.
Cependant, la mise en place de l’équipe du projet est désormais achevée et la convention avec l’Acise a été signée le 16 octobre dernier. Cette étape clé permet d’engager les travaux préalables à la construction des écoles professionnelles de formation agricole (Epfa) d’Athiémé et de Kpomassè, ainsi que du Lycée technique professionnel de Tchaourou, indique le rapport.
Le projet illustre la priorité accordée par le gouvernement béninois au développement du capital humain, à travers la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et adaptée aux besoins des secteurs porteurs de l’économie nationale. Le Pdcesp est soutenu par la Banque africaine de développement (Bad) et le fonds Africa Growing Together Fund (Agtf), pour un financement global de 81,745 millions d’euros, soit environ 53,6 milliards de francs Cfa.
Pour une main-d’œuvre compétitive
Le projet a également amorcé les processus de recrutement des bureaux d’études techniques, ainsi que des organisations non gouvernementales partenaires pour les questions de sauvegarde environnementale et sociale. Par ailleurs, une convention avec l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) est en cours afin d’assurer l’accompagnement des jeunes dans leur insertion professionnelle, à travers des stages et des dispositifs d’apprentissage en entreprise.
Afin de rattraper les retards enregistrés, le Pdcesp prévoit un dispositif de suivi rapproché, comprenant des réunions hebdomadaires de l’équipe projet et des séances de travail mensuelles avec la Banque africaine de développement, en vue d’accélérer la mise en œuvre des activités. Le recrutement des personnels d’appui et la finalisation des dossiers d’appel d’offres pour les infrastructures de formation sont également en cours. La supervision continue vise à garantir le respect des délais et l’atteinte des objectifs de développement du projet.
L’objectif principal du Pdcesp est de renforcer les compétences et qualifications des jeunes, femmes et hommes, afin de constituer une main-d’œuvre innovante, entreprenante et compétitive dans les secteurs stratégiques de l’agriculture et de l’énergie. Si le rythme de mise en œuvre se maintient, le projet permettra de former des jeunes et des enseignants, d’améliorer la qualité de l’offre de formation professionnelle dans ces secteurs et de renforcer l’attractivité ainsi que la gouvernance des établissements de formation technique et professionnelle (Eftp).
Des indicateurs d’effet à concrétiser
Les objectifs quantitatifs du projet sont ambitieux. Il est notamment attendu l’insertion professionnelle de 3 600 jeunes, dont 900 femmes, issus des formations en agriculture et en énergie, ainsi que la formation de 50 enseignants en compétences digitales. A ce stade, le rapport souligne que ces indicateurs sont « en bonne voie avec des mesures correctives », au regard des avancées enregistrées dans les activités préalables et des plans d’action programmés pour l’année 2026.
Par ailleurs, le Pdcesp prévoit la mise en place d’incubateurs et d’unités économiques à vocation pédagogique, destinés à accompagner l’insertion professionnelle des jeunes par l’entrepreneuriat. Des formations modulaires qualifiantes sont également prévues au profit de 800 jeunes, dont 240 femmes, dans les chaînes de valeur de l’agriculture et de l’énergie.

