Installée sur le lac Toho, Wevi Fisheries développe une production structurée de tilapia en cages grâce au soutien du Fonds national de développement agricole (FNDA). Un modèle d’intégration aquacole qui participe à la dynamique de modernisation du secteur halieutique béninois.
Dans un contexte où la demande nationale en protéines halieutiques ne cesse de croître, l’aquaculture apparaît comme une réponse pour renforcer l’offre locale et réduire la dépendance aux importations. Sur le lac Toho, dans le département de l’Atlantique, l’entreprise Wevi Fisheries incarne cette dynamique portée par l’investissement privé et l’accompagnement public. Fondée en 2020 par Komlan Arnaud Amoussou, spécialiste en pisciculture tropicale formé en Belgique, l’entreprise s’est donnée pour ambition de professionnaliser la production de tilapia en cages. Wevi Fisheries combine production, distribution, formation et fourniture d’intrants, développant un modèle intégré encore rare dans le paysage aquacole béninois.
Ce, grâce au Fonds national de développement agricole (FNDA) notamment. « J’ai choisi ce secteur parce qu’il représente un levier très important pour la sécurité alimentaire et l’emploi des jeunes. Avec ma formation en santé animale et mon expertise en aquaculture, il m’a semblé naturel de contribuer à la modernisation de ce secteur stratégique pour notre pays », explique le promoteur.
Malgré une expertise technique solide, le projet s’est heurté à des contraintes financières et matérielles. L’accès limité au crédit bancaire, l’insuffisance d’infrastructures adaptées et la difficulté d’obtenir des intrants de qualité ont freiné l’essor initial de l’exploitation. « Malgré ma formation et mon expérience en enseignement universitaire, l’absence de moyens financiers suffisants a freiné la mise en place d’une exploitation performante », confie-t-il.
La situation va évoluer avec l’intervention du Fonds
National de Développement Agricole, découvert à travers les actions de sensibilisation de l’Agence territoriale de développement agricole du Pôle 7 et les retours d’autres entrepreneurs. Avec l’appui de son partenaire financier Orabank, le promoteur soumet un dossier jugé « très exigent, transparent et bien encadré ».
Des investissements structurants sur le lac Toho
Le financement obtenu permet la construction de 20 nouvelles cages modernes, l’acquisition de filets performants et l’accès à des aliments certifiés. « Ces infrastructures nous ont permis d’augmenter substantiellement nos rendements, d’améliorer le taux de survie des poissons et de stabiliser la production », souligne l’entrepreneur. L’entreprise met en place un cycle de production échelonné garantissant une disponibilité mensuelle de poissons prêts à la commercialisation. Les effets sont visibles : hausse des volumes produits, amélioration des revenus et création d’emplois directs, passés de deux à quatre, sans compter les emplois indirects dans la distribution.
Vers une chaîne intégrée et durable
Au-delà de l’augmentation des capacités, Wevi Fisheries travaille à consolider son organisation interne et à renforcer les compétences de son équipe, avec l’appui technique des agents de l’ATDA. « Il s’agit pour nous, en tant que gérant, de nous adapter aux nouveaux équipements et d’optimiser les cycles de production. Nous avons mis en place, après l’obtention du financement, un cycle de production en échelle, ce qui nous permet d’avoir une certaine quantité de poissons chaque mois », explique Komlan Arnaud Amoussou.
À moyen et long terme, l’entreprise ambitionne de structurer une chaîne complète, de l’alevinage à la transformation, et de développer des franchises de distribution de poissons frais. Une première unité est déjà opérationnelle à Cadjèhoun, tandis qu’un projet de transformation est en étude auprès du FNDA.
Par S.T.

