L’année 2024 a marqué une reprise vigoureuse des exportations dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon le Rapport 2024 sur le commerce extérieur de l’Uemoa publié en octobre dernier par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), les performances du secteur extérieur se sont nettement redressées.
Le déficit commercial de biens s’est établi à 755,8 milliards F Cfa, contre 4 453,2 milliards un an plus tôt. En conséquence, le solde global des échanges de biens et services est passé de –9,6 % du produit intérieur brut (Pib) en 2023 à –5,6 % en 2024.
Cette embellie reflète la progression des ventes extérieures des produits de rente, notamment le pétrole, le cacao, l’or et le caoutchouc. Le pétrole brut affiche une hausse spectaculaire de 50,5 % des volumes exportés, tandis que le cacao progresse de 29,9 % et l’or de 12,1 %. Cette envolée résulte à la fois du relèvement des cours mondiaux et de l’entrée en production de nouveaux projets énergétiques au Niger et au Sénégal.
Toutefois, la Bceao met en garde contre une dépendance accrue aux matières premières, source de vulnérabilité face à la volatilité des prix internationaux. L’institution appelle à diversifier la base productive et à valoriser localement les ressources exportées. La transformation du cacao, du coton ou des produits halieutiques offrirait, selon elle, des marges importantes de création d’emplois et de valeur ajoutée.
Cette orientation est d’ailleurs partagée par la Commission de l’Uemoa, qui souligne, dans son Plan stratégique 2025-2030 dénommé Impact 2030, que l’industrialisation de l’Union peine à décoller, alors que les échanges communautaires stagnent et la balance commerciale demeure fortement déficitaire.
En somme, l’embellie des exportations est réelle mais fragile. Pour qu’elle se transforme en croissance durable, l’Union devra capitaliser sur cette dynamique pour construire des chaînes de valeur régionales solides, capables de réduire la dépendance aux cours mondiaux et d’ancrer la prospérité dans la production locale.
Aké MIDA

