Introduit en Afrique depuis 2006, le KAIZEN s’invite davantage dans le débat économique au Bénin. Mercredi 24 septembre 2025 à Azalaï hôtel, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a réuni des acteurs publics et privés pour explorer le potentiel de cette méthode d’amélioration continue dans la transformation industrielle et le développement des PME.
Sylvestre TCHOMAKOU
Au Bénin, à l’heure où chaque ressource compte pour construire une croissance économique inclusive et durable, le Japon, à travers l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), se mobilise pour éveiller les acteurs du public et du privé béninois, sur l’approche “KAIZEN”; une technique de gestion axée sur la culture de l’amélioration progressive, appliquée aussi bien aux grandes entreprises qu’aux petites structures locales. C’est dans cet esprit qu’a été organisé, mercredi 24 septembre 2025, une séance de sensibilisation dédiée à cette approche. S’inscrivant dans la continuité de l’Africa Kaizen Initiative (AKI), née en 2017 d’un partenariat entre l’AUDA-NEPAD et l’agence japonaise, ce rendez-vous auquel ont pris part plusieurs acteurs de la chaîne économique béninoise, se veut d’une part, d’explorer l’application de l’approche Kaizen au Bénin à travers les expériences réelles de pays tiers et du Japon. D’autre part, elle tient du souci de développer des ressources humaines compétitives et innovantes. Ce, en vue de favoriser le développement industriel et la transformation structurelle de l’économie béninoise.
Pour Ichijo Motonobu, Chargé d’affaires de l’ambassade du Japon, « cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, qui vise à renforcer les liens économiques et à favoriser les échanges au sein des Communautés Économiques Régionales et de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ». Convaincu de ce que le Kaizen peut devenir un levier de compétitivité collective pour toute l’Afrique, il a fait savoir que le « renforcement des capacités des acteurs locaux, notamment celles des PME, (…) la mise en œuvre concrète de l’esprit Kaizen devraient permettre de créer un écosystème favorable à la croissance économique et à la création d’emplois décents ». De son côté, Émilie Tibouté Sama, du ministère de l’Industrie et du Commerce, a insisté sur la pertinence de la démarche pour les petites structures : « Contrairement à certaines méthodes qui misent sur des changements radicaux ou de lourds investissements, le KAIZEN est une démarche à taille humaine, particulièrement adaptée aux Petites et moyennes entreprises ». Pour elle, dans un environnement économique en perpétuelle mutation, et où règnent pression concurrentielle, exigences clients accrues, incertitude sur les marchés, commencer par réduire les gaspillages et standardiser une bonne pratique doit être une priorité pour tous.

Avec la participation d’experts de la JICA et grâce à une pédagogie pratique, le séminaire a permis aux participants de plonger dans les outils pratiques de la méthode “5S” que sont : Trier, Ranger, Nettoyer, Standardiser, Maintenir. Une méthode qui permet de réduire les gaspillages, d’optimiser l’espace, de motiver les employés et de créer une culture d’amélioration continue. Le KAIZEN se veut ainsi de permettre d’accumuler de petites améliorations continues qui, mises bout à bout, transforment durablement les organisations et accroît la compétitivité des PME.

