La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO, (BIDC) a inauguré, le 1er décembre 2025, son premier bureau régional dans la capitale économique ivoirienne. Une implantation qui marque un nouveau positionnement de l’institution au plus près de six États membres de l’espace communautaire.
Abidjan renforce sa stature de carrefour financier régional. La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) y a inauguré, le 1er décembre 2025, son tout premier bureau régional, matérialisant une stratégie de proximité engagée quelques mois plus tôt avec la Côte d’Ivoire. Ce déploiement fait suite à l’accord d’établissement signé en mai dernier avec le gouvernement ivoirien.
Installée hors de son siège de Lomé pour la première fois de son histoire, la Banque entend, à travers cette antenne, mieux accompagner les dynamiques de développement dans six pays de la façade ouest de la CEDEAO : la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal. Cette présence physique vise à rapprocher les équipes opérationnelles des administrations, du secteur privé et des partenaires locaux.
Présente à la cérémonie d’ouverture, la ministre ivoirienne de l’Économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba, a salué une initiative qui, selon elle, « traduit la volonté de la Banque de se rapprocher davantage des États membres ». Elle a souligné que cette implantation intervient dans un contexte marqué par de fortes mutations économiques, notamment dans les domaines de l’industrialisation, de la transition énergétique, de la digitalisation et des projets transfrontaliers.
L’objectif n’est autre que d’améliorer l’identification des besoins, le suivi des opérations et l’impact des financements.
Pour le président du Conseil des gouverneurs de la BIDC, Cassiel Ato Forson, cette ouverture s’inscrit dans une dynamique d’élargissement des capacités d’intervention de l’institution. Rappelant que le portefeuille de prêts de la Banque a doublé en cinq ans, il estime que le bureau d’Abidjan permettra d’agir « à plus grande échelle », en s’alignant sur les pratiques des grandes institutions de développement en matière de proximité opérationnelle.
De son côté, le président de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, voit dans cette nouvelle antenne « une plateforme transformative pour une coopération plus profonde ». Pour la direction de la Banque, ce bureau doit renforcer le dialogue avec les gouvernements, améliorer la coordination régionale et accroître la visibilité des interventions de l’institution dans l’espace communautaire.
Cette ouverture intervient dans un contexte institutionnel particulier, marqué par l’annonce du retrait de la CEDEAO du Mali, du Niger et du Burkina Faso, tous actionnaires de la BIDC. Si l’avenir de leur participation au capital n’est pas encore clarifié, l’institution poursuit néanmoins son déploiement opérationnel, sans modification immédiate de sa stratégie.
L’implantation de la BIDC à Abidjan coïncide également avec les préparatifs du Plan national de développement 2026-2030 de la Côte d’Ivoire. Pour Nialé Kaba, l’arrivée de la Banque constitue « un levier stratégique » pour renforcer l’articulation entre financements nationaux et appuis régionaux, tout en consolidant la position d’Abidjan comme pôle financier de référence en Afrique de l’Ouest.
Avec cette première expérience de décentralisation, la BIDC ouvre un nouveau chapitre de son action territoriale. Aucune autre ouverture de bureau régional n’a toutefois été annoncée à ce stade.
S.T.

