À la suite de la présentation du projet de société du candidat Romuald Wadagni, le Directeur général du Secteur financier au ministère de l’Économie et des Finances, Adam Affo Dendé, livre une lecture technique de cette vision politique. Pour lui, l’inclusion financière portée par le duo Wadagni-Talata constitue un levier structurant de transformation économique et sociale au Bénin.
L’inclusion financière apparaît comme l’un des axes majeurs du projet de société présenté par le candidat à la présidentielle d’avril 2026, Romuald Wadagni. Le candidat a en effet annoncé la mise en place d’une plateforme nationale qui permettra d’octroyer du crédit en un temps record, soit 48 heures après la demande. Une orientation que Adam Affo Dendé, Directeur général du Secteur financier et ancien conseiller technique à l’inclusion financière du ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, considère comme le fruit d’un travail de longue haleine.
Selon lui, la vision défendue par le candidat s’inscrit dans une continuité clairement assumée. « Les piliers qu’il a présentés ne relèvent ni d’une improvisation ni d’un effet d’annonce, mais bien d’une maturation technique et institutionnelle approfondie », affirme-t-il avant de rappeler qu’ils ont travaillé pendant plusieurs années sur ces réformes aux côtés du candidat. Au cœur du projet figure une inclusion financière fondée sur la technologie.
Pour Adam Affo Dendé, cette approche répond aux réalités du pays, notamment aux difficultés d’accès au crédit dans les zones rurales et le secteur informel. « L’un des principaux obstacles à l’accès au crédit demeure la difficulté d’identification fiable des demandeurs », explique-t-il. L’introduction d’identifiants numériques, de plateformes interopérables et de systèmes de scoring innovants devrait ainsi permettre de « lever un verrou structurel qui freine depuis longtemps le financement des populations ».
L’innovation majeure réside également dans l’articulation entre finance et agriculture. Le mécanisme envisagé vise à instaurer un cercle économique vertueux où les producteurs agricoles évoluent progressivement vers l’autonomie financière. « Les producteurs ne se contentent pas d’emprunter, mais deviennent progressivement autonomes : remboursement des crédits, constitution d’une épargne, souscription à des produits d’assurance et, à terme, mise en place d’une pension de retraite », souligne l’ancien conseiller technique.
Une telle dynamique pourrait, selon lui, renforcer la protection sociale tout en sécurisant les revenus agricoles dans une économie largement dominée par ce secteur. Il estime que cette innovation pourrait devenir « un modèle dans la sous-région et en Afrique ». Toutefois, la réussite du projet dépendra de l’appropriation des outils financiers par les populations.
D’où l’importance accordée à l’éducation financière et numérique, destinée notamment aux jeunes, aux femmes et aux acteurs ruraux. Au-delà du secteur financier, Adam Affo Dendé relève que le projet de société ambitionne un impact global, intégrant la santé, la culture, les arts et les nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la jeunesse.
In fine, le DGSF juge la vision proposée « cohérente, ambitieuse et ancrée dans les réalités nationales », estimant qu’elle pourrait « transformer durablement l’accès aux services financiers et améliorer significativement les conditions de vie des populations » si sa mise en œuvre est conduite avec rigueur.
Par B.W.

